CHARLEROI L'ambiance était lourde dans le Mambourg et autour samedi soir. La grisaille cadrait bien avec les tourments ayant accablé les Pallietiers lors des jours précédents. De Put stinkt (le puits pue): le jeu de mots des partisans anversois en disait long... La fédération des supporters du Lierse a d'ailleurs annoncé qu'elle déposait plainte en justice contre tous ceux qui ont terni l'image de leur club. Quand le cochon de payant n'est pas content, lui faire comme ça... Finalement, c'est celui d'en face qui hua et siffla les siens. Nerveux, pataud et maladroit, le Sporting ne trouva jamais la solution face à une formation remodelée contre son gré. Si, cette fois sans faire de bluff jusqu'au dernier moment à propos de Sterchele, Jacky Mathijssen reconduisait le même onze de départ que face au Brussels, les Zèbres, qui restaient sur un 12/12 en championnat et même sur sept matches sans défaite en comptant la Coupe, ne se montrèrent jamais capables de passer la vitesse supérieure.

«Suite à nos décisions, un fameux cadeau a été offert à notre entraîneur car il aura onze lions à sa disposition», avait déclaré Léo Theyskens, le président du SK. En fait de lions, on vit en tout cas des lionceaux déterminés à se faire les dents contre un supposé ogre apparemment repus d'avance. Comme souvent en pareille circonstance, la bête blessée se rebiffe et en trouve sa force décuplée. Alors si, évidemment, un coup de pouce du destin (lisez l'arbitre) vient lui prêter main-forte, ce n'est pas non plus de refus...

«Je ne tiens pas à trop évoquer ce penalty, même si beaucoup de gens me disent qu'il n'existait pas», commenta Jacky Mathijssen, plus détendu que ses garçons. «Ce serait trop facile d'aller chercher des excuses, et je me refuse donc à le faire. Nous n'étions tout simplement pas bons et, à 0-1, je n'ai vu aucune trace de la réaction qui s'imposait. Nous sommes très médiatisés, ce qui me fait plaisir mais peut-être avons-nous trop baigné dans une douce euphorie sur base des résultats probants de ces derniers temps?»

Ce constat ne fut pas sans rappeler au Limbourgeois une certaine coutume locale qui voulait que, une fois le scalp d'un ténor acquis, la claque des oeuvres d'un sans-grade suivait systématiquement. Samedi, hormis l'entrée au jeu d'Orlando, rien ne paraissait pouvoir empêcher le Lierse d'afficher un 13/18 au compteur. Pas si mal pour un club que l'on disait d'ores et déjà promis à mourir! D'ailleurs, si cela avait été permis par les sociétés de paris, qui aurait osé miser sur ce 0-1?

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