Pour un ancien international allemand, Kai Havertz est actuellement "le joueur le plus excitant du monde".

Depuis quelques années, on l’annonce comme le futur génie du football allemand. Kai Havertz (21 ans), jouera samedi la finale de la Coupe d’Allemagne avec Leverkusen contre le Bayern Munich, qu’il pourrait rejoindre un jour. "Nous ne pourrons pas le retenir cet été, ce sera une transaction de plus de 100 millions d’euros", avait prédit son entraîneur Peter Bosz, en mars. Pas sûr, toutefois, que ce montant soit encore d’actualité avec le coronavirus et la crise économique qui ébranle à présent les clubs.

Mais où ira Havertz lorsqu’il quittera Leverkusen ? "Peu d’entraîneurs refuseraient d’avoir Kai dans leur équipe", a déjà dit l’entraîneur du Bayern, Hansi Flick, qui l’a connu alors qu’il était international U17 (moins de 17 ans). "Depuis, il a énormément progressé. Il joue intelligemment, est très fort balle au pied et doté d’un fantastique instinct de buteur", s’enthousiasme Flick, confirmant l’intérêt de son club qui a pour politique de drainer beaucoup de jeunes internationaux allemands.

Mais la concurrence sera rude. Le Real Madrid serait aussi sur les rangs, ainsi que plusieurs clubs anglais, dont Chelsea.

Paradoxalement, Havertz est moins connu du grand public mondial que d’autres talents de sa génération, faute de visibilité. Il n’a joué que huit matchs de Ligue des champions avec Leverkusen, un club qui ne bat pas de records d’audience à la télévision. Quant à sa carrière internationale (sept sélections), elle est à l’arrêt, en attendant la reprise post-coronavirus en septembre.

Ses records de précocité, c’est dans son pays que Havertz les a battus. Débutant à 17 ans et 4 mois, il est devenu à 18 ans le plus jeune joueur de l’histoire à avoir disputé 50 matchs de championnat. Et encore en a-t-il raté quelques-uns lors de sa première saison parce qu’il… révisait son bac ! Il est aussi le premier à avoir atteint la barre des 35 buts avant 21 ans.

"Je n’ai plus vu depuis vingt ans de joueur avec ses capacités. Pour moi, c’est le joueur le plus excitant du monde actuellement", assure Dietmar Hamann, l’ancien de Liverpool et du Bayern.

Le jeune homme, lui, ne se laisse pas étourdir par les compliments : " Mes parents m’ont appris que l’arrogance n’était pas une qualité à cultiver […] En plus de ça je n’ai encore rien gagné. En football, ce sont les titres qui comptent." Et le premier sacre pourrait tomber samedi… (AFP)