Football Après avoir arbitré la finale de la Coupe du monde féminine, elle va officier lors du prochain Liverpool-Chelsea.

Ces messieurs vont devoir dire "Madame l’arbitre". Les Anglais de Liverpool et Chelsea, respectivement vainqueurs de la Ligue des champions et de la Ligue Europa, seront en effet arbitrés en Supercoupe d’Europe, le 14 août prochain, par la Française Stéphanie Frappart, première femme à diriger une rencontre majeure.

"L’UEFA a choisi d’innover en désignant Stéphanie Frappart pour arbitrer la Supercoupe 2019", a annoncé l’instance dirigeante du football européen. "Cela fait plusieurs années déjà que Stéphanie Frappart prouve qu’elle est l’une des meilleures femmes arbitres non seulement sur la scène européenne mais aussi à l’échelle mondiale", a expliqué le responsable en chef de l’arbitrage de l’UEFA. "Elle est capable de diriger des rencontres de très haut niveau, comme elle l’a prouvé lors de la finale de la Coupe du monde féminine cette année, […] elle est au sommet de sa carrière arbitrale", a-t-il ajouté.

Cette pionnière de 35 ans, exigeante et discrète, a donc fait voler en éclats toutes les barrières, devenant la première femme à diriger un match de Ligue 1 française, après cinq saisons en deuxième division.

Depuis, elle a réussi à se faire une place, en éclaireuse, dans le milieu du foot, parfois raillé pour son machisme.

"Elle a beaucoup de diplomatie. Et, quand on est entraîneur, homme, on est sous pression, on s’énerve… Il suffit qu’elle sorte un regard, un sourire, un geste… et ça s’arrête", a d’ailleurs confié l’entraîneur de Lille Christophe Galtier, après la première de Frappart en L1.

La voilà dans le gotha des hommes (et des femmes, donc) en noir, dans les pas de l’Allemande Bibiana Steinhaus, la première femme à avoir dirigé un match du championnat allemand.

Seule femme à pouvoir vivre en partie de ses fonctions d’arbitre, Stéphanie Frappart travaille encore trois jours par semaine à côté dans une fédération sportive. "Une sorte de semi-professionnalisme avec un fixe mensuel et des indemnités de matchs", selon Pascal Garibian, le patron des arbitres français.

Elle n’est cependant pas la première femme à arbitrer un match de compétition masculine de l’UEFA : la Suissesse Nicole Petignat était en effet au sifflet pour trois matchs de qualification de Coupe de l’UEFA entre 2004 et 2009.

Mais aujourd’hui, l’histoire continue sa marche en avant.