Il y a une semaine, après la défaite face à Mouscron, Philippe Montanier avait trouvé le réconfort mais aussi le soutien de sa direction, via Alexandre Grosjean et Benjamin Nicaise.

Six jours plus tard, quelques minutes après le coup de sifflet final, Philippe Montanier a appris, de la bouche d’Alexandre Grosjean, que son aventure à Sclessin prenait fin avec effet immédiat. C’est également la même chose pour son adjoint, Mickael Debève.

Cette décision, la direction liégeoise l’a réfléchie et ce, depuis la défaite face à Mouscron. "On s’était posé la question au lendemain de la défaite face à Mouscron", précisait Alexandre Grosjean, le CEO liégeois. "On avait décidé de laisser une dernière chance à ce groupe de réaliser une belle prestation. Vous avez vu le match comme moi, il n’en était rien. En cas de défaite, notre décision était prise. Les joueurs ont eu beau nous dire, en semaine, qu’ils étaient derrière leur coach, il faut aussi le montrer le week-end."

Bien que soutenu, Philippe Montanier n’aura donc pas survécu à son bilan comptable catastrophique. "Il est évident qu’après huit matchs sans victoires dont les quatre derniers étaient des défaites et deux fois contre la lanterne roue, ce n’était plus tenable pour le Standard de Liège. Ce n’est jamais de gaîté de cœur que nous prenons ces décisions car ce sont d’abord des relations humaines que nous tissons mais il y a des paramètres qui font que cela ne fonctionne plus comme on le voudrait et on est contraint de prendre des décisions qui ne sont pas faciles. Dans l’intérêt du club, il faut prendre des mesures importantes qui nous permettront de sortir de cette spirale négative. Il est temps de réfléchir à l’avenir."

Pour le CEO des Rouches, tout n’était pas à jeter. "On a réalisé de belles choses sous Philippe Montanier. On s’est qualifié pour l’Europe, il y a eu l’éclosion de certains jeunes et de belles prestations, notamment à Charleroi ou encore contre Bruges et Benfica. Ce groupe a de la qualité, nous en sommes persuadés. Le 10 décembre dernier, nous manquions de justesse de battre Benfica, une équipe qui n’a rien à faire en Europa League. Je ne peux imaginer que cette équipe soit dissoute en 16 jours de temps. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau de bain mais on doit prendre des décisions pour que les choses changent et rattraper le temps perdu.

"On gagne ensemble et on perd ensemble"

Après cette décision, se pose la question de l’erreur de casting ? "Quand on l’a recruté, on connaissait son CV et on était convaincu de recruter la bonne personne. Humainement, c’est quelqu’un de bien, il a apporté de bonnes choses et le groupe était derrière lui. Le bilan ne plaide pas en sa faveur, c’est un échec mais je ne regrette pas d’avoir collaboré avec lui. La direction est-elle responsable ? On gagne ensemble et on perd ensemble. On apprend plus d’un échec que d’une réussite. Pour ma part, je suis le premier à me remettre en question et à passer de nuits blanches. J’assume entièrement les décisions qui ont été prises, elles l’ont été dans l’intérêt du club mais le football n’est pas une science exacte ."

"Nous avons plusieurs pistes"

Désormais, la direction liégeoise doit trouver un nouveau coach et un adjoint pour la reprise fixée le 4 janvier prochain. Naturellement, tous les regards se tournent vers Michel Preud’homme, toujours actif, à mi-temps, au club. MPH effectuera-t-il son come-back ?

"Je ne peux répondre à une question sur une décision que nous n’avons pas encore prise", a rétorqué calmement Alexandre Grosjean. "Nous avons plusieurs pistes mais nous venons juste d’annoncer la séparation à notre coach, ayons au moins la décence de respecter cela avant de penser à son successeur."

Depuis plusieurs jours, les CV affluent sur le bureau des dirigeants liégeois. C’est notamment le cas de celui de l’ancien coach d’Anderlecht, Franky Vercauteren.

"Il faut trouver un coach qui nous amènera les meilleurs résultats. Il suffit parfois de certains réglages pour remettre le moteur en route, il suffit de pas grand-chose pour refaire démarrer la machine."