Le tribunal de première instance de Bruxelles, siégeant en référé, a entendu lundi les plaidoiries concernant la plainte du Sporting de Charleroi contre la décision du comité exécutif de l'Union Belge de football (URBSFA) prise le 25 janvier qui a annulé celle du conseil d'administration du 21 janvier. Il fera connaître sa décision ce jeudi 4 février quelques heures avant la rencontre de championnat Charleroi-Standard qui se joue à 20H30.

Me Bénédicte Deboeck, qui défend les intérêts de Charleroi, a demandé à la juge d'annuler les décisions du comité exécutif plénier (25/1) sous peine d'astreinte pour l'Union Belge de 25.000 euros par jour, et d'en revenir aux décisions du conseil d'administration du 21 janvier. Cela permettrait au Sporting de Charleroi d'aligner Habibou contre le Standard et Ederson face au Cercle. Elle autoriserait aussi la réaffiliation de Mogi Bayat après avoir effacé l'ardoise de ses amendes. L'avocate du Sporting a plaidé que le CA a un pouvoir de décision avec effet immédiat et ne doit soumettre ces décisions à l'approbation de la commission nationale d'études (CNE) que si lesdites décisions sont valables au delà de la saison en cours, comme c'est le cas pour le comité exécutif.

"Toute décision engage l'URBSFA si elle est signée par son président et un administrateur", précisent les règlements. Les gens de Charleroi ont rencontré le président François De Keersmaecker et le directeur de l'URBSFA Jean-Marie Philips en présence du manager d'Anderlecht Herman Van Holsbeeck. Un accord a été trouvé et accepté ensuite par le conseil d'administration de la fédération qui a suivi la réunion. La décision a été annulée par l'exécutif plénier quatre jours plus tard alors que le président de l'Urbsfa, François De Keermaecker a déclaré sur les antennes de la VRT : "Le CA peut se transformer en comité exécutif s'il y a urgence". L'avocate s'est aussi posé des questions sur le vote de Philippe Colin (Anderlecht), juge et partie dans l'affaire. Elle conclut en disant que "le juge des référés est protecteur des actions contractuelle" et doit donc annuler la décision du 25 janvier.

Du côté de l'Union Belge, pour Me Martin Hissel, la juge des référés est incompétente puisque les éléments essentiels qui justifiaient l'urgence (indispensables pour qu'il puisse y avoir un référé) ont aujourd'hui disparu. Habibou ne pourra pas jouer contre le Standard suite à la remise du match contre Lokeren. De plus, l'urgence s'amenuise fortement car la date de la rencontre du Sporting au Cercle Bruges n'a pas encore été fixée. D'autre part, le conseil de l'URBSFA tient à dire que les dirigeants de Charleroi n'ont pas été convoqués à la fédération mais qu'en compagnie d'Anderlecht, ils se sont manifestés en premier auprès de l'Union Belge pour tenter de trouver une solution. "Le conseil d'administration a décidé dans la précipitation, nous en convenons, mais il n'avait pas de mandat de pouvoir, donné par l'exécutif plénier. Celui-ci a donc annulé une décision 'illégale'. Le CA pouvait décréter une dérogation au règlement pour tous les clubs, pas pour un seul."