Avec une expérience nulle en Champion's League et aucun nom ronflant dans son effectif, La Gantoise faisait figure d'inconnue lors du tirage au sort de la C1. Malgré son statut de champion de Belgique, le club d'Ivan De Witte ne faisait d'ailleurs peur à personne. Surtout pas aux médias français ou espagnols, qui ont accueilli avec soulagement le tirage au sort qui a versé l'Olympique lyonnais dans le même groupe que les Gantois.

A France Football, on insiste sur le côté néophyte de Gand, qui "va découvrir la Ligue des champions." A Eurosport, la donne est claire: Gand n'a aucune chance: "Le Zenit Saint-Pétersbourg de Hulk et Witsel, champion de Russie en titre, reste un adversaire costaud, mais à la portée de l'OL", peut-on lire sur leur site internet. "Quant à la Gantoise, elle est nettement un cran en dessous dans ce groupe H."

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Le Figaro explique quant à lui que "l’OL a ainsi évité tous les épouvantails de ce tirage au sort" et "peut ainsi envisager de retrouver les huitièmes de finale en sortant de ce groupe homogène mais accessible." Le président lyonnais Jean-Michel Aulas parle lui d'une "Gantoise, qui arrive avec son énergie, une apparition qui n'était pas prévue dans la Ligue des Champions", au micro de Foot365. Ni le coach Hubert Fournier, ni Maxime Gonalons n'auront de mots pour les Buffalos.

Dans son style mordant et corrosif, la rédaction de So Foot taille un joli costard à Gand, le qualifiant de "sparring-partner du groupe, celui qui risque de prendre très cher." "Il ne s'agit pas de prendre le dernier champion de Belgique à la légère, car s'ils ont su remporter le trophée national, c'est bien que les hommes de Vanhaezebrouck ont des arguments à faire valoir", est-il écrit. "Mais sur la scène européenne, la donne n'est pas vraiment la même et le KAA débarque clairement avec l'étiquette du Petit poucet collée sur la gueule. Pour l'OL, face à la Gantoise, l'objectif sera clair : prendre six points. Et soigner le goal average, également." Des propos qui fleurent bon l'arrogance, mais qui restent dans la veine So Foot.

L'analyse la plus croustillante nous vient de L'Equipe. Le quotidien sportif qualifie tout d'abord Gand de "Petit poucet" du groupe, avant de donner la parole à Bernard Lacombe, conseiller personnel d'Aulas. "Genk (sic), c’est le football belge, on a joué Anderlecht, il y a quelques années, c’est l’imprévu", déclare-t-il. "J’ai discuté avec les dirigeants de Genk, ils ont un problème de capacité de stade, apparemment. Ils envisagent de rajouter des places supplémentaires dans leur stade." On conseille aux dirigeants lyonnais de faire un tour sur le site du KAA Gent, afin de ne plus confondre "Genk" et "Gent". Il serait dommageable pour eux de se tromper de stade et de se retrouver à l'autre bout du pays sur une simple erreur de traduction...

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Un adversaire faiblard, malgré Laurent Depoitre

De l'autre côtés des Pyrénées, AS revient sur le système de jeu de Gand, sa défense à trois et son Laurent Depoitre bigger than life devant. Mais nos confrères espagnols sont toutefois plus sévères par la suite, expliquant que Gand est "loin du niveau des grands, mais représente un danger, bien qu'étant l'adversaire le plus faible d'un bon groupe pour Valence." 

Même son de cloche à Marca, où Gand est vu comme l'équipe la plus abordable du groupe H. "Leurs chances de terminer à la troisième place ne sont pas très élevées", estime le quotidien espagnol. "Son manque d'expérience dans une telle compétition risque d'être un gros handicap." Plus loin, le cas d'Ervin Zukanovic est évoqué. "Une perte lourdement ressentie du côté de Gand." Certes, mais le défenseur bosnien n'a pas participé à la campagne victorieuse de la saison dernière. Et pour cause, il évoluait au Chievo Vérone. Bref, on peut dire que le joueur a été remplacé, malgré son talent. Marca poursuit en pointant le niveau global de l'équipe dans les points faibles gantois, tandis que son jeu de contre-attaque et le présence de Laurent Depoitre sont au contraire vus comme des points forts.

Sport n'évoque que brièvement l'adversaire tiré du pot quatre par Valence. "Quatrièmes en championnat de Belgique, ils ne devraient pas donner trop de fil à retordre à Valence." El Pais parle lui d'un club qui a terminé... deuxième derrière le Club de Bruges. Ce qui était le cas à l'issue de la saison régulière. Sans doute nos confrères n'étaient-ils pas au courant de l'existence des playoffs... Le quotidien s'offre un consultant de luxe en la personne de Juan Carlos Garrido, l'ancien coach de Bruges. Celui-ci explique qu'Hein Vanhaezebrouck pratique un football offensif, mais que "le niveau de Valence reste bien supérieur à celui de Gand." 

Bref, il ressort que Gand est bel et bien un Petit poucet en terme de renommée sur la scène européenne. Il reste aux Buffalos à corriger le tir. Ils ont désormais six matches pour y parvenir...