ENVOYÉ SPÉCIAL À GLASGOW

Alors qu'à la mi-temps, ils avaient dû affronter le courroux de leur entraîneur après la fureur de Hartson et Cie, les joueurs d'Anderlecht ont reçu le réconfort présidentiel, en fin de match. Et hier matin, encore, Roger Vanden Stock leur trouvait beaucoup d'excuses malgré une approche mentale du rendez-vous sans doute un peu légère: les Anderlechtois, sur leurs nuages, ont cru qu'ils se rendaient à Westerlo ou à Heusden, ils se sont réveillés avec la gueule de bois, hier, après que le train du Celtic leur fut passé dessus.

Cependant, donc, le président ne veut pas dramatiser: «Sincèrement, je crois que nos joueurs ont fait de leur mieux. Ils ont tout simplement été surclassés par la puissance des Ecossais. Avec un public incroyable qui, plus que jamais, constitue un 12e homme, on n'a jamais trouvé de solution. N'en faisons pas un drame. Je ne peux que répéter ce que je dis souvent: nous ne jouons pas assez de vrais matches dans le championnat de Belgique pour être au niveau lors des déplacements européens.»

On rétorquera au président que la compétition écossaise n'est pas non plus des plus relevées...

«C'est vrai, mais le Celtic achète des joueurs, quatre ou cinq fois plus chers que nous, pour la Ligue des Champions, justement. J'ai rarement vu une équipe aussi puissante et aussi déterminée. Je vous ai déjà expliqué que financièrement, nous n'arrivions pas à la cheville du Celtic. En outre, et sans jouer les pleureuses, je constate que l'arbitre a laissé beaucoup trop jouer. Quand Aruna dit qu'il est content d'être sorti du terrain sans jambe cassée, je suis d'accord avec lui. Notre équipe manque de méchants? Ce n'est pas notre style. Si on achète une brute épaisse pour faire le ménage, vous seriez les premiers à nous le reprocher...»

N'empêche, Anderlecht est redimensionné après cette défaite et son avenir en Ligue des Champions est incertain. Il faudrait désormais un petit miracle pour que le printemps des Mauves soit européen.

Arbitrage trop laxiste

«J'avais dit que la rencontre décisive, c'est notre match à Bruxelles contre Lyon. Et je le répète. Mais le problème, c'est la victoire des Français au Bayern. Il faudra donc non seulement les battre, mais aller chercher quelque chose en Allemagne. Je ne rêve pas trop. D'autant qu'Aruna sera absent. Une nouvelle fois, j'estime que nous sommes lésés, parce que je plaide, dans le vide, pour que les cartes jaunes prises lors des matches préliminaires soient effacées pour les rencontres de poule.»

Et pour aller plus loin, Roger Vanden Stock se dit que finalement, un match pareil pourrait peut-être faire réfléchir ses meilleurs joueurs quant à l'opportunité d'un transfert: mieux vaut peut-être pour eux progresser encore avec le Sporting avant de tenter une nouvelle aventure. «C'est le discours que je vais leur tenir. Je n'ai pas voulu parler des rumeurs de transferts avant la rencontre. Maintenant, je peux vous dire qu'on veut garder Aruna, Kompany et Baseggio et que nous n'avons encore reçu aucune proposition pour eux. Mais entre eux et nous, la discussion ne sera pas financière, mais sportive.»

© Les Sports 2003