Le président d’Anderlecht envoie un message fort à ses joueurs et à son staff.

Une semaine après avoir élevé le son de la voix dans le vestiaire et quelques jours après avoir assisté de très près à un entraînement, Roger Vanden Stock a convoqué les journaux pour lancer un message à ses joueurs. "C’est le moment de réunir tout le monde", assure le président du Sporting. "Je mets les joueurs et le staff technique face à leurs responsabilités. Notre devise reste ‘On est Anderlecht’ , et on veut le montrer d’ici à la fin du championnat. Celui qui ne va pas tout donner, je le prends par son col et je le colle au mur. Et puis… je ne sais pas ce qui va se passer avec lui. Je crois que mon message dans le vestiaire a été capté."

Le président ne parle pas souvent et ses avertissements publics sont encore plus rares. Mais ici - après avoir transféré les quatre plans A dont le club rêvait -, il n’y a plus d’excuses. "Il y avait peut-être trop peu de qualités dans notre groupe. Et on a peut-être trop misé sur les jeunes. Ils n’ont pas su pallier l’absence des valeurs sûres, surtout quand il y avait des blessés. Maintenant, je veux du rendement. Montrons aux supporters qu’on veut être champion. Et on sera champion. Celui qui n’y croit pas, qu’il arrête tout de suite à Anderlecht."

"Oui, Besnik Hasi termine la saison"

"J’ai l’impression que les médias pensent que la direction et Besnik Hasi ne sont plus ensemble. C’est faux. On est encore sur la même longueur d’onde ! Vous mettez ses qualités en cause. Mais il y a un an, vous l’avez élu Entraîneur de l’Année . A-t-il perdu toutes ses qualités ? Non ! S’il terminera la saison ? Oui, vu qu’il a encore un contrat d’un an après cette saison. Par contre, c’est sa responsabilité de mettre les joueurs à leur bonne place. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir été attaqué par les supporters. Herman Van Holsbeeck l’a également été. Et je serai peut-être le prochain. Cela est déjà arrivé une fois par le passé…"


"On n’a pas poussé Gillet dehors!"

"On n’a pas poussé Gillet dehors. Je ne sais pas pourquoi il est parti en France. Peut-être parce qu’il voulait jouer dans l’entrejeu. On a essayé de le garder. À la fin, on a même fait un sérieux effort pour le faire changer d’avis. C’était trop tard. Est-ce qu’il dit qu’on a trop traîné ? C’est peut-être vrai. Il avait déjà signé à Nantes. Mais au début de la saison, je lui avais promis qu’on ne le bloquerait pas. Et j’ai voulu garder ma parole. Cela dit, je suis convaincu qu’on s’est renforcés pendant ce mercato, malgré son départ. On a fait venir des joueurs de grande valeur. Deux sont prêtés ? Parfois, il faut prendre des risques. C’est ce qu’on faisait également dans le passé pour faire venir des grands . Je me rappelle qu’on avait pu transférer Vandereycken et Arnesen… parce qu’ils étaient blessés !"


"Praet choisit ses matches, pas Youri"

"Certains joueurs n’ont pas donné tout ce qu’ils avaient dans le corps; cela a fait la différence. Tout le monde au club croit par exemple que Dennis Praet choisit ses matches. Et qu’il pense plus à son transfert qu’à jouer pour l’équipe. Maintenant, il doit montrer ce qu’il vaut. S’il ne le fait pas, il a un gros problème. Il a intérêt à le faire, parce qu’il est ‘moins cinq’ . Vous trouvez qu’il tacle beaucoup ? Contre Tottenham ou dans un autre match au sommet, effectivement."

"Si la même chose vaut pour Tielemans ? Non. C’est un gamin de 18 ans. Lui, c’est un manque de confiance qui a perturbé son jeu. Il est dans un creux comme des jeunes le sont parfois. Pour moi, ce serait un souci s’il reste sur le banc jusqu’à la fin de la saison. S’il retrouve la confiance, il sera titulaire."


"Suarez devra montrer qu’il mérite de jouer"

"Herman Van Holsbeeck a raison : c’est Suarez qui a demandé à partir quand il a vu qu’on a fait venir Djuricic et qu’il a senti qu’il ne serait plus titulaire. On a trouvé une solution pour lui - Nantes - à laquelle Gillet a participé, mais cela ne s’est pas fait. Finalement, je suis très content qu’il soit resté, parce que je crois encore en lui. Mais il y a quelque chose qui a changé : Besnik Hasi lui a souvent donné sa chance, plus qu’à d’autres. Dès à présent, il n’aura sa chance que s’il montre qu’il a retrouvé ses qualités. Et ce n’est pas encore le cas. Il manque de vitesse, de régularité et de force. Et quand ça va mal, il se met à douter."


"Boussoufa? On a reparlé, mais il restait trop cher"

"Boussoufa à Gand, c’est un pari. Son président a voulu donner à son coach un joueur qui pourrait faire la différence. Je dis bien ‘pourrait’ . On l’avait presque pris en août, mais il était trop cher. Lors du dernier mercato, il était encore trop cher. Oui, il y a eu des contacts. Son entourage nous a contactés. Mais entre-temps, on avait pris Djuricic. Ils ont essayé partout. Finalement, il y en a un qui a mordu, trois minutes avant la fin du mercato. Dans quel état physique est-il ? Je ne dis pas qu’il n’a rien fait, mais il n’a plus joué. S’il l’avait vraiment voulu, il serait venu à Anderlecht en août. Il n’aurait pas vécu dans la misère, croyez-moi." (rires)


"Un retour de Vanden Borre ? J’ai de grands doutes"

"Anthony Vanden Borre reste - pour le moment - un fils du club. Mais ce qu’il a fait, c’est inacceptable. Envers les joueurs, l’entraîneur, Herman Van Holsbeeck mais aussi Jean-François Lenvain (NdlR : le responsable de la cellule sociale) , qui s’est occupé de lui jour et nuit. Maintenant, il ne le connaît plus. Il a un autre entourage, où il est le king . À la place de Jean-François, je ne le laisserais plus rentrer ici. Malgré tout cela, on songe à lui donner une 3e ou 4e chance. Mais j’ai de grands doutes, vu que les gens de son environnement nous imposent encore des conditions ! Les supporters croient encore en lui, le Ket de Bruxelles qu’ils voient comme exemple et à qui ils pardonnent tout. J’espère qu’ils arrêteront de chanter son nom. L’équipe a besoin de soutien. S’il s’entraîne ? Non. Ou du moins, pas au club. Il paie ses amendes pour ses absences. Et dire qu’on lui a donné un contrat extraordinaire. On a été bêtes; on pensait qu’il était devenu adulte. C’est de l’argent perdu."


"Frutos les fatigue tellement qu’ils ne gagnent plus"

"On va devoir soutenir Frutos. Il travaille très fort; il fait bosser ses joueurs à partir de 7 h du matin. Il les entraîne tellement qu’ils ne parviennent plus à gagner un match (NdlR : ils ont perdu trois matches de suite ), tellement ils sont fatigués . (rires) Mais bon, le but est de préparer ses joueurs pour le noyau A. Ils n’avaient peut-être pas une base physique suffisante. Cela dit : il livre un boulot formidable. Il se donne à fond pour Anderlecht."


"Le titre ? Je parierais sur Anderlecht !"

"Je mentirais si je disais que Gand n’est pas la meilleure équipe du moment. Si son entraîneur a le profil pour Anderlecht ? Je ne vais pas répondre. Peu importe ce que je dirais, cela aurait l’effet d’une bombe. (rires) C’est un bon coach, point à la ligne."

"Quand je compare notre palmarès avec celui de Gand, je suis fier d’être président d’Anderlecht. En 67 ans, on a remporté 33 titres; je l’ai vérifié récemment. C’est un an sur deux. Et on doit être à nouveau champions cette année ! Si je pouvais parier - un président n’est pas autorisé à le faire -, je mettrais une pièce sur Anderlecht. Mais il est clair que la pression est maximale. Surtout vu que beaucoup de supporters pensent qu’on ne sera pas champion."

"La presse parle également du Standard comme possible champion. C’est étonnant. Il y a trois mois, on écrivait que le Standard était en faillite… Et ici, ils vont chercher Valdés. Quelle surprise !"


"Je dois juste dire ‘oui’ ou ‘non’"

"Le club est organisé différemment depuis l’arrivée de Jo Van Biesbroeck, le bras droit de Herman Van Holsbeeck. Herman se concentre sur le côté sportif, Van Biesbroeck s’occupe du financier, du commercial, de l’organisation."

"Et moi ? Je travaille de moins en moins. Je dois juste dire ‘oui’ ou ‘non ’. J’ai 74 ans : je veux que le club continue à vivre s’il m’arrive quelque chose."

"Je suis fier que mes deux filles soient dans le conseil d’administration du club. Elles ont plus d’ambition que je ne le croyais. Si l’une des deux aimerait devenir présidente ? Pas pour le moment. Mais on ne sait jamais."

"Et jusqu’à quand je serai président de la Ligue Pro ? Joker. Ou plutôt : jusqu’au moment où ce sera nécessaire."