Si le plus grand nom du Dinamo Moscou est le Français Mathieu Valbuena, celui d’Anderlecht est Rolando Jorge Pires da Fonseca.

En presque dix ans de carrière professionnelle, le défenseur portugais de 29 ans a rencontré ou affronté toutes les stars de la planète du ballon rond. On en a évoqué quelques-unes en sa compagnie.


RONALDO

"Je l’ai côtoyé plusieurs fois en équipe nationale. Hors du vestiaire, c’est Ronaldo la superstar, parce qu’il a tellement de qualités. Mais à l’intérieur du vestiaire, c’est Cristiano, un gars tranquille comme vous et moi. Il rigole et s’amuse comme un autre. Quand je ne suis pas en équipe nationale, nous ne sommes pas en contact. Je me souviens qu’il a été mon adversaire lors de Porto - Manchester United en 2009. Il avait marqué le but du 0-1 des 40 m."

"Pour l’anecdote, quand j’ai joué en Italie, les gens ne parvenaient pas à prononcer mon nom. Ils m’appelaient ‘Ronaldo’ . Au début, je les corrigeais. Après un temps, j’ai abandonné. J’étais Ronaldo..." (rires)

"Je ne suis pas un collectionneur de maillots. Mais mon frère a demandé celui de Cristiano, de l’équipe nationale. Je le lui ai offert."

MESSI

"Je l’ai affronté avec Porto lors de la Supercoupe européenne, en août 2011 , remportée par Barcelone par 2-0. J’avais été exclu après deux fautes sur Messi, qui m’avait pris à contrepied. Sur la première, je l’ai tiré pour l’arrêter. Sur la deuxième, je l’ai mis au sol. Si je n’avais pas fait cela, il filait en un contre un vers notre gardien… Non, il n’était pas fâché, mais je n’avais pas le choix. C’est la seule carte rouge que j’ai reçue de toute ma carrière. Pourtant, j’ai joué contre les meilleurs, comme van Persie, Rooney et j’en oublie."

HULK

"Lui, il est devenu un ami. J’ai partagé le vestiaire pendant quatre saisons avec lui; cela crée des liens. Vu nos horaires différents et le fait qu’il joue ici, en Russie, on n’est pas en contact régulier. Mais quand il est au Portugal, il vient sonner à ma porte et à celle de mon voisin, Fernando, de Manchester City. Hulk était un si grand ami que je lui disais, à l’entraînement : ‘Allez, va jouer de l’autre côté que je ne doive pas jouer contre toi’." (rires)

JAMES RODRIGUEZ

"C’était un autre pion majeur de la meilleure équipe dans laquelle j’ai joué. C’était phénoménal. Il y avait également Falcao. On formait une véritable famille. Les gens me demandent toujours des histoires de vestiaires. Mais c’était notre histoire. Et je vous peux vous garantir ceci : ce sont tous des gars très normaux."



"Je connaissais les Diables, mais pas la Pro League"

Où en êtes-vous physiquement ?

"Cela va de mieux en mieux; je suis sur la bonne voie. Mais je dois me montrer patient."

Comment jugez-vous vos premières semaines à Anderlecht ?

"Je m’y sens déjà très bien. J’ai l’impression d’être dans une famille. La différence avec Porto, Naples ou l’Inter, ce n’est pas la grandeur du club, mais le fait que le groupe est très jeune. Je donne beaucoup de conseils aux jeunes gars."

À Tielemans, notamment. Est-il le plus grand talent que vous ayez connu à son âge ?

"Oh! j’en ai connu tellement. (rires) Après Genk, je l’ai complimenté pour son match, mais je lui ai également dit ce qu’il devait améliorer. Il a les qualités. Ce sera à lui de montrer qu’il peut devenir un joueur du top absolu."

Defour, votre ex-équipier à Porto, est votre guide.

"On se parle en portugais. Quand j’ai besoin de quelque chose, je le lui demande. Mais je m’entends également très bien avec Najar, qui parle espagnol et qui est proche de moi dans le vestiaire."

Deschacht joue son 500e match ce soir. Le connaissiez-vous avant de venir ici ?

"Je ne peux pas parler de lui parce qu’il est plus âgé. (rires) Non, je ne connaissais pas bien le championnat belge. Au Portugal, on ne reçoit pas d’images de votre D1. Je connaissais les noms des Diables Rouges. Mais avant de signer, à Anderlecht, je me suis informé."

Auprès de qui ?

"Surtout auprès de Defour. Et auprès de Kayembe, un Belge qui joue à Porto… Mangala m’avait déjà parlé un peu."

Mbemba reviendra bientôt. Mais Deschacht et vous êtes très forts. Une défense à trois serait-elle une solution ?

"Ce sera au coach de décider. Il a un mois pour trouver sa meilleure équipe. De grands joueurs trouvent toujours une solution. Et on a tellement de matches. J’ai joué dans une défense à trois en Italie. Ce n’est pas facile et il faut travailler à fond les automatismes, parce c’est totalement différent."



Rolando en bref

Il a gagné deux fois à Moscou

Rolando n’a pas joué 500 matches officiels et 82 matches de Coupe d’Europe comme Deschacht, mais il en a un grand nombre à son actif. En Ligue des Champions, il a notamment rencontré Manchester United, l’Atlético, deux fois Arsenal et Chelsea. De plus, en 2011, il a gagné l’Europa League. "Je suis bien placé pour savoir qu’une victoire finale dépend de tellement de détails", dit Rolando. "Cette finale n’était pas le plus beau souvenir de ma carrière. Ça, c’est mon tout premier match, avec Belenenses, en 2005. C’était le début de cette aventure."

Lors de cette campagne 2010-2011, Porto avait éliminé deux clubs de Moscou en gagnant autant de fois en Russie : 2-5 au Spartak et 0-1 au CSKA. "Cette fois, ce n’est pas nécessaire de marquer cinq buts", sourit Rolando. "Un 1-1 me suffirait. Je suis optimiste. Je sais que les statistiques ne sont pas favorables, mais cela ne compte pas. On a fait un très bon match à l’aller, mais on n’a pas marqué."

Sa famille reste à Porto

Rolando a trouvé un appartement en Belgique, mais vit sans sa famille. "J’ai des enfants de 4, de 6 et de 11 ans", explique-t-il. "Ils doivent aller à l’école. Je ne reste que quatre mois à Anderlecht. Cela ne vaut pas la peine de les faire changer d’école. Quand ils ont un jour de congé, ils viennent en Belgique. Notre programme est tellement chargé que, moi, je n’ai pas le temps d’aller chez eux."

Il parle six langues

Le Portugais épate non seulement ses équipiers sur le terrain mais aussi par sa connaissance des langues. "J’ai appris le français à l’école et j’ai parlé avec tous les joueurs francophones qui arrivaient à Porto", explique-t-il en très bon français. "Je déteste ne pas comprendre ce que d’autres racontent… Je parle également l’italien, l’espagnol, l’anglais, le portugais et le créole, la langue du Cap-Vert, où je suis né. Le néerlandais ? Quatre mois ne suffiront pas pour l’apprendre…"