Lukaku ? Je ne débattrai pas du sujet. Je ne vais pas lui ajouter de la pression. Le coach décidera s’il est en mesure de revendiquer une place. Soyons simplement tous adultes : chaque chose viendra en son temps." Vincent Kompany sait ce que c’est de percer jeune. Il est parfaitement conscient aussi que la presse belge a une sérieuse tendance à placer trop vite des joueurs sur un piédestal. Et il veut protéger ce phénomène offensif dont tout le monde attend - trop vite - qu’il résolve les problèmes offensifs des Diables Rouges.

"J’ai discuté un peu avec lui, précise Kompany (23 ans). Je n’ai pas spécialement besoin de faire connaissance avec lui même si j’étais peut-être plus proche de jouer avec son père. Mon petit frère et plusieurs amis en sont proches et ils me l’ont déjà dépeint. Sa percée ne m’étonne pas. Quand il y a du talent, rien n’est surprenant dans ce milieu. Quand un joueur a le niveau, il doit se retrouver à la place qu’il mérite et tout le monde doit bien commencer à un moment."

Samedi, Kompany est resté à Londres après Chelsea - Man. City. Voulait-il être certain de ne pas arriver en retard au rendez-vous ? Il a pris l’Eurostar dimanche et était, en tout cas, un des premiers hier au Conrad pour le rendez-vous général. "Une discussion avec Advocaat ? Demandez-lui. Un problème ? Il n’y en a jamais eu", détourna-t-il lorsqu’on tentait de s’approcher du sujet de son éviction avant le Qatar, et de son passage par le banc pour manque de ponctualité face à la Hongrie.

Les autres "anciens" étaient également impressionnés par le comportement de Lukaku. Van Damme : "Il est vraiment à son aise, comme s’il était déjà un ancien. Je n’ai jamais vu autant de monde pour un entraînement des Diables. Le conseil que je lui ai donné ? De toujours bien venir à temps."

Vertonghen, lui, connaissait Lukaku des matches d’Europa League entre Anderlecht et l’Ajax : "Il ne m’a pas encore charrié, souriait le défenseur de l’Ajax, médian sous Advocaat. Mais s’il ose me parler du 1-3, je vais lui rappeler qu’au match aller, nous étions plus forts. On a un peu parlé dans la chambre. Il sait ce qu’il veut, et il s’exprime aussi bien en français qu’en néerlandais."

Moussa Dembélé le connaissait de quelques fêtes d’anniversaire. "Un de mes meilleurs amis est son cousin. Cela faisait longtemps que je ne l’avais plus vu. Je me rappelle qu’il était déjà très grand quand il était beaucoup plus jeune. Il était déjà très loquace, mais en même temps modeste. Moi, j’étais timide à 16 ans. Lui, il n’est pas gêné du tout. C’est un trait de caractère d’un grand joueur. Son style de jeu ? Je dois avouer que je ne regarde jamais de foot à la télé. Sauf Ajax - Anderlecht. Il a fait un contrôle de la poitrine dont je me suis dit : ‘Qu’est-ce qu’il est devenu ours !’"