Entretien

En quelques jours, Romelu Lukaku a ajouté à son jeune palmarès deux prestigieux trophées : la FA Cup et la Ligue des Champions. Enfin comme il l’aurait rêvé. "Vu que je n’ai pas participé à ces deux compétitions, je n’ai pas touché les trophées. J’estime que je ne le mérite pas", explique celui qui a suivi la finale aux côtés des suspendus de Chelsea Terry, Ramires, Ivanovic et Meireles. "Je n’ai pas été chercher ma médaille chez Michel Platini. J’ai toujours été comme ça. Par contre, j’ai fait la fête comme tout le monde dans le vestiaire. On rigolait et on dansait. Didier Drogba a aussi fait un discours. C’était encore plus beau que le titre avec Anderlecht."

Vous ne considérez donc pas qu’il s’agit aussi de votre trophée ?

Non. J’étais déjà bien content que le coach m’autorise à accompagner le groupe. J’étais dans l’avion et dans l’hôtel. J’ai aussi pu assister à la théorie avant le match et faire l’entraînement vendredi. J’ai essayé de motiver au mieux mes partenaires.

Sur le terrain après la rencontre, on vous a vu danser, puis assez ému.

Je ne pouvais pas y croire. Je réfléchissais et je me disais : "Est-ce que c’est vraiment arrivé ? Moi, champion d’Europe ?" Ma vie a changé et je n’ai que 19 ans. Mais il y a quelqu’un que je ne pardonnerai jamais du traitement qu’il m’a réservé : l’entraîneur précédent.

Parce que Vilas-Boas ne vous a pas inscrit sur la liste européenne ?

Pas seulement ça. C’est aussi la manière qu’il avait de me parler et de me traiter. C’était vraiment bizarre. A l’entraînement, il me mettait à droite ou à gauche. J’étais toujours le joueur qui venait compléter une équipe. Je n’apprenais rien de cette manière. Il ne me donnait aucune explication en plus. J’en ai parlé avec le club. Je devais penser à moi aussi. Heureusement, je suis devenu meilleur ces derniers mois.

Di Matteo vous a laissé commencer le dernier match de championnat. Espérez-vous un mieux la saison prochaine ?

Je ferai la préparation avec certitude à Chelsea. Je partirai en stage aux Etats-Unis (NdlR : tout comme Kevin De Bruyne). Ces deux premières semaines de juillet seront très importantes. Je suis certain que je peux convaincre le staff que j’ai le niveau. Si je reçois honnêtement ma chance, bien entendu. Cette saison, je n’ai pas pu faire cette préparation, j’étais toujours à Anderlecht.

Vous ne pensez plus à un prêt, alors ?

Si, quand même. On verra ce qui se passe durant le stage. Je pense que j’ai 50 % de chances d’être loué et 50 de rester à Chelsea.

Votre victoire en finale samedi ne fait pas du tout plaisir à Anderlecht, qui devra se farcir deux tours préliminaires…

Je dois être honnête et penser à moi-même : si je reste à Chelsea la saison prochaine, je préfère jouer la Ligue des Champions que l’Europa League. Je suis cependant convaincu qu’Anderlecht peut se qualifier via ces deux tours préliminaires. Il y a suffisamment de qualités. Le groupe est même plus fort que quand j’y étais. Avant la finale, j’ai discuté avec Guillaume Gillet que j’avais invité, vu sa passion pour le Bayern Munich. Je lui ai dit que ça ne serait pas un problème de franchir les matchs préliminaires.

Anderlecht fera sans Ariël Jacobs, le coach qui vous a lancé, la saison prochaine.

Ce fut un choc quand je l’ai appris. Il m’a pris dans le noyau A alors que je n’avais que 15 ans. La continuité de son travail est cassée. Jacobs a fait un superbe boulot à Anderlecht. Je ne l’ai pas encore appelé mais je ne tarderai pas à le faire.