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Football

RWDM: trouver les bons chemins

MATTHIAS VAN HALST

Publié le - Mis à jour le

Après trois ans de purgatoire, le RWDM s'apprête à retrouver l'élite de notre football. Que peut espérer une équipe promue de nos jours après son accession à l'étage supérieur? On a vu que l'an dernier, l'Antwerp s'en était tiré sans mal tandis que La Louvière avait souffert jusqu'au terme de la saison afin de sauver sa peau.

Il est clair que l'objectif unique des Molenbeekois sur le plan sportif est de se maintenir. Mais il faudra aussi combiner cela à une gestion saine afin de renouveler la licence et de devenir, à terme, un club où les problèmes financiers ne ressurgissent pas à tout bout de champ, même s'ils sont parfois de simples rumeurs de mauvaises langues.

Mais pour leur retour au sommet, les dirigeants Molenbeekois ont décidé de mettre les petits plats dans les grands: voitures et costumes pour les joueurs, nouveau maillot, nouveau sponsor, nouveaux sièges pour l'ancienne tribune et Jean-Marie Pfaff pour animer la nouvelle (mais surtout gérer les relations commerciales du club) équipe. Ils n'ont, toutefois, pas eu les yeux plus gros que le ventre. D'ailleurs, dès qu'on aborde une idée un peu trop onéreuse, Freddy Smets demande directement: «Les millions tombent-ils du ciel?»

Non, effectivement. Et si le manager ne dispose plus d'une peau de chagrin afin de construire une équipe comme ce fut le cas l'an dernier, il doit quand même être très prudent sur le plan financier. Ce qui n'a pas empêché l'achat de nombreux joueurs. Regardons chacun des secteurs de jeu.

1. Gardiens. Si Wilfried Godart a livré la saison dernière le meilleur championnat de sa carrière et si Tom Meyers est considéré comme un grand espoir, aucun des deux n'a le bagage suffisant pour la D 1 et c'est dans cette optique que Doumen a été engagé.

2. Défense. L'axe Fassotte-Kargbo, très satisfaisant l'an dernier, a été conservé (le Sierra Leonais étant même acquis au nez et à la barbe du puissant voisin Anderlechtois) tandis que sur les flancs, de bons joueurs en fin de contrat ont été remplacés par Van Oekelen (pour son expérience) et Okonedo.

3. Milieu. La paire centrale du milieu du jeu a beaucoup tourné l'an dernier, les deux entraîneurs successifs ayant du mal à trouver la bonne formule. Avec les arrivées de Smid et Temmerman, créatifs et ratissant beaucoup de terrain, ce problème devrait être résorbé. Les espoirs que sont Butera, Rimbold et Seker vont vouloir prouver qu'ils sont capables de jouer au sommet tandis que les nouveaux venus Careel, Bresic et Ouchla n'ont pas signé pour faire banquette.

4. Attaque. Voilà le secteur où le bât blesse. En fin de saison dernière, après la signature de contrat de Van Ankeren, on se demandait comment procéderait Patrick Thairet avec cette abondance de biens : outre le Hollandais, il disposait de Kpaka et Giuntini. Mais le club actuel du batave a fait le forcing pour le conserver (ce qui a permis aux Bruxellois de réaliser une bonne opération financière), Kpaka est parti au GBA et le Brésilien est rentré dans son pays pour raisons familiales (mais, si la situation s'améliore, il pourrait revenir disputer le deuxième tour en Belgique). Finalement, Kolotilko se retrouve seul. La saison dernière, le Russe a alterné le chaud et le froid. Avec le seul Magro (un des quatre espoirs intégrés dans le noyau A) à ses côtés, cela paraît bien peu pour toute une saison. C'est ainsi que les tests se sont succédé et que finalement, Allou (un ancien du PSG) et Jarakovic (un espoir anderlechtois que les rouge et noir avaient déjà convoité auparavant) ont été engagés en dernière minute.

Enfin, Patrick Thairet entamera sa carrière d'entraîneur en division 1 après seulement une dizaine de matches à la tête de son équipe dans une période où tout allait bien. Reste pour lui à apprendre à gérer la défaite, et un noyau riche sur le plan quantitatif.

La saison ne s'annonce pas de tout repos mais, sportivement, nombre d'équipes ne sont pas supérieures à Molenbeek. Et s'il parvient à trouver les bons chemins, celui des filets sur le plan sportif et celui de la bonne santé financière dans les coulisses, le RWDM devrait polonger son bail parmi l'élite sans trop de problèmes.

© La Libre Belgique 2001

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