C'était il y a 16 ans, en décembre 1984. Anderlecht se déplaçait au stade Santiago Barnabeu pour un match retour de Coupe d'Europe. A l'aller, il s'était imposé 3-0, à Madrid, il fut battu 6-1. Chez les Bruxellois, si Franky Vercauteren et Jacky Munaron se souviennent de cette humiliation, aucun joueur du noyau actuel n'y a participé. Ce qui n'est pas le cas à Madrid.

Manolo Sanchis avait alors 19 ans à peine: `C'est un souvenir unique dans ma carrière. J'étais terriblement impressionné à l'idée de jouer un match de cette importance. Je sentais qu'il allait se passer quelque chose d'extraordinaire. Les anciens ne parlaient que de la remontée. Je n'avais pas pu fermer l'oeil la nuit précédente´ C'est même lui qui ouvrit la marque. `C'est l'un des moments les plus forts de ma carrière. J'avais l'impression de vivre un rêve. Je ne crois pas que l'on revivra un match comme celui-là de sitôt´ Agé de 35 ans, Sanchis ne joue plus qu'épisodiquement. C'est lui qui leva la Coupe des Champions en mai dernier.

Si Anderlecht a perdu depuis lors du galon sur la scène européenne, il n'est pas dans l'idée des madrilènes de lui faire subir à nouveau une telle humiliation. `Son parcours européen est impressionnant, explique ainsi Roberto Carlos. Nous avons vu la vidéo de certains de ses matches. C'est très solide à tous les niveaux. Je ne me souviens pas avoir joué contre un joueur aussi grand que Koller. Le Norvégien Carew de Valence est aussi un géant. Mais il n'atteint pas les deux mètres !´

Même son de cloche chez Vincente Del Bosque: `Des émissaires du Real ont assisté à ses victoires face à la Lazio et face au FC Brugeois. Les rapports que j'ai lus sont très positifs. Il s'agit d'une équipe qui bouge remarquablement sur le terrain, qui sait faire le pressing et qui compte, avec Radzinski et Koller, deux super-attaquants. C'est une formation qui joue un football simple mais efficace.´ Même si l'entraîneur madrilène compte exploiter les faiblesses de l'adversaire: `En consultant les résultats de cette saison, il est clair que le Sporting éprouve quelques difficultés à l'extérieur. On l'a constaté à Manchester ou à Kiev. A nous d'en profiter´

Mais depuis, les Bruxellois ont gagné au PSV et ne se rendront pas dans la capitale espagnole en victimes consentantes. Et sont remplis d'optimisme. Osent-ils carrément croire qu'ils gagneront et occuperont seuls la tête du groupe? `Je n'irai, bien sûr, pas jusque-là, tempère Yves Vanderhaeghe. Nous affrontons, malgré tout, l'une des cinq meilleures formations du monde. A mes yeux, le Real présente un équilibre idéal entre le talent pur, que symbolisent Raul, Roberto Carlos ou Figo, et cette hargne qui se retrouve dans le jeu de Makelele, McManaman ou Helguera. Je n'ai en fait qu'un regret: que Walter Baseggio ne soit pas avec nous!´

Et, malgré le niveau de l'adversaire, le champion de Belgique espère poursuivre sur sa lancée. `Le Real a encore une autre dimension et un autre prestige que la Lazio, relate Olivier Doll. Objectivement, les Madrilènes sont plus forts que nous. Ce n'est pas un aveu d'impuissance ou de renoncement, mais un fait. Cependant, dans l'état d'euphorie qui est le nôtre, nous aurions tort de ne pas y croire.´

LES ÉQUIPES PROBABLES: Real Madrid: Casillas - Geremi (ou Michel Salgado), Karanka (ou Ivan Campo), Hierro, Roberto Carlos - Figo, McManaman, Makelele, Helguera - Raul, Morientes.

Anderlecht: De Wilde - Crasson, Doll, De Boeck, Dheedene - Van Diemen (ou Stoica), Hasi, Vanderhaeghe, Goor - Radzinski, Koller.

© La Libre Belgique 2000

™TOURLLB TETESEQ 3867C BAT 4 04-12-00 19:34.18