Qu'importe la manière, seul le résultat compte. Sur base de ce principe enrobé d'un réalisme incontestable, personne ne songera à nier que le Standard et Anderlecht ont signé la bonne opération du week-end, tant sur le plan des chiffres que de la confiance. Car des trois ténors conviés à se frotter à un match piège, ce sont les deux seuls à l'avoir contourné sans encombre, le Club Bruges, à quelques secondes près, se voyant même presque privé de trois points là où il en a finalement sauvé un tout petit. Il faut en être conscient, le titre, entre ces trois-là, et plus que jamais, se jouera donc au travers des résultats que les grands obtiendront sur les terres des petits. Dans cet esprit, les Anderlechtois, tout en étant très loin de reproduire leur prestation signée une semaine plus tôt face à Genk, ne bouderont pas cette première victoire en déplacement depuis le... 10 décembre! Succès qui leur offre en prime, même si c'est sans doute de manière provisoire, la première place d'un classement où le Standard peut être considéré comme le leader virtuel, puisqu'il n'est qu'à une unité des deux premiers mais avec un match en moins, qui plus est à domicile contre La Louvière, un club qui vit des semaines difficiles pour toutes les bonnes ou mauvaises raisons que l'on sait. Avec ce premier succès de... l'année, le Standard, sans briller lui non plus, s'est peut-être libéré du poids de la hantise de ne pas confirmer son premier tour. Et comme par hasard, sa ligne d'attaque, étrangement discrète depuis la trêve, retrouve comme par miracle des candidats... buteurs! Des buteurs dont les envies, hier, sont restées au... frigo pour ceux qui n'ont pas eu la chance de jouer, ou qui n'appartenaient pas à un club capable de se payer un chauffage. Ce fut vrai pour le Carolorégien Sterchele mais aussi pour celui qui, au FC Brussels, tenait à démontrer que le départ d'Igor De Camargo vers Sclessin n'est pas un drame en soi. Vérité qui ce vendredi va cette fois passer par le Parc Astrid, du moins si la pratique du football est autorisée. Question qui mène à cette autre question récurrente: la trêve hivernale a-t-elle vraiment une utilité quand on constate que c'est surtout en février que les conditions climatiques sont les plus hostiles pour qu'un ballon rond roule normalement sur une pelouse qui n'est pas gelée ou enneigée? Pour nous, non. Manifestement, pour l'Union belge non plus, puisque lorsque les pros sont au repos forcé pour cause de trêve, les jeunes et les amateurs, eux, sont invités à jouer! Espérons, simplement, pour que le championnat ne soit pas trop faussé, que les remises trouvent vite une place au chaud dans le calendrier!

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