ENVOYÉ SPÉCIAL À BELGRADE

Jestrovic avait averti les Diables en début de semaine: ils auront chaud à Belgrade! Non seulement la température (27 degrés lors de l'arrivée à l'aéroport national) mais aussi l'ambiance terrifiante les feront transpirer. Et - prétendait Jestro - les Serbes seront avantagés parce qu'ils ont eu une semaine pour s'acclimater à la canicule.

«Il faut connaître Jestrovic, s'amuse Bisconti: il exagère tout le temps. Il ne fait pas vraiment lourd, ici. À Nice, je suis habitué de jouer quand il fait beau, mais jamais quand il fait 35 degrés.»

Yves Vanderhaeghe se baladait la bouteille d'eau à la main. «J'ai déjà bu plus de deux litres aujourd'hui. Mais puisque je suis averti, j'ai pris mes précautions. Soyez certain que je pourrai galoper pendant 90 minutes, quelle que soit la température. Le public? J'adore des atmosphères pareilles. Les 50.000 spectateurs vont aussi me booster. Leeds, le Panathinaikos et Celtic furent trois expériences inoubliables.»

Hélas! Anderlecht avait perdu ces trois matches en enfer. «Certes, tempère Emile Mpenza. Mais moi, à Schalke, je me suis fait siffler par 61000 spectateurs. J'ai joué un gros match et j'ai marqué. Si les Serbes seront aussi nombreux, c'est qu'ils ont peur de nous. Et la chaleur? J'aime bien qu'il fasse chaud. Un bon temps et un gazon arrosé, que voulez-vous de plus?»

Silvio Proto ne disait pas autre chose. «Je préfère jouer sous le soleil que sous la pluie, même si les muscles souffrent davantage, assurait le gardien. «Ces 51000 spectateurs vont me booster!»

Daniel Van Buyten enchérissait: «On devra même essayer de retourner le public contre eux s'ils ne marquent pas». Et Pieroni, d'ajouter: «On doit penser qu'ils crient pour nous.» Clement lui donnait raison. «On ne les comprend quand même pas! La seule chose gênante pourrait être qu'on ne puisse pas communiquer entre nous à cause du bruit.»

Selon les journalistes locaux, l'ambiance de haine est tellement impressionnante - les joueurs doivent passer par un tunnel de 100 mètres en-dessous des tribunes en état de guerre pour arriver sur le terrain - que les jeunes pourraient flancher. N'est-ce pas, Anthony Vanden Borre? «Moi, rater mon match à cause de ça?, répète l'Anderlechtois, qui n'a que 17 ans et qui n'a joué que deux minutes (contre la Turquie) en équipe nationale. Il n'en est pas question. J'adore un public pareil. A Benfica, j'ai déjà évolué devant 60000 personnes. Vous ne croyez quand même pas que j'ai raté ma 1e mi-temps à Bruges à cause du public?»

Mais il y a aussi ceux qui opteraient volontiers pour un temps scandinave ce soir à Belgrade. «Tout le monde préfère quand même jouer sous la pluie, assure Mbo Mpenza. Mais cela ne fait rien. On a bien rechargé les batteries.» En effet: Franky Vercauteren a beaucoup ménagé Mbo en fin de saison. «Mais Nenad a raison: la Serbie sera avantagée...»

© Les Sports 2005