A six mois du début de l'Euro 2021, un rebond de l'épidémie de Covid-19 frappe toute l'Europe, menaçant l'organisation de ses activités sportives. C'est le cas notamment de l'Euro, qui doit être disputé du 11 juin au 11 juillet dans 12 villes d'Europe. Alors que la pandémie est très préoccupante sur le Vieux Continent et que les stratégies de vaccinations ont commencé timidement, on imagine mal que de nombreux supporters puissent voyager sans cesse à travers l'Europe.

Car le retour à la vie normale n'est pas prévu de si tôt. Certes, quelques pays arrivent mieux que d'autres à contenir le virus, mais peu d'experts recommanderaient qu'un événement d'une telle ampleur soit organisé comme si le Covid n'avait jamais eu lieu. Même si on ne sait pas affirmer aujourd'hui où en sera l'épidémie dans six mois, il est évident que la prudence sera toujours de mise et afin que la sécurité sanitaire de toute la population soit garantie. On peut dès lors deviner que les déplacements d'un pays à l'autre, avec les mesures de quarantaine que cela pourrait encore impliquer, s'annoncent compliqués.

Dès lors, Amsterdam, Bakou, Bilbao, Bucarest, Budapest, Copenhague, Dublin, Glasgow, Londres, Munich, Rome, et Saint-Pétersbourg, qui s'impatientaient de voir leurs villes prises d'assaut par des supporters provenant des quatre coins du Vieux Continent, sont certainement en train de déchanter. Car actuellement, l'UEFA est en pleine réflexion sur le maintien de ce championnat d'Europe sous une formule avec 12 villes organisatrices différentes, comme l'avait souhaité Michel Platini.

Dominique Blanc, le président de la Fédération suisse de football, souvent bien au courant de qui se passe à l'UEFA (dont le siège est basé à Nyon, en Suisse), estime qu'il y a peu de chance de jouer l'Euro 2021 dans 12 villes d'Europe. "Je pense sincèrement que l’Euro aura lieu, mais personne ne peut encore dire sous quelle forme, Nous n’avons aucune certitude sur ce qui pourrait se passer. Au vu de la situation sanitaire, j’estime à titre personnel que la version de départ, avec une compétition disséminée à travers toute l’Europe, a peu de chances de voir le jour, compte tenu des restrictions de voyage. Cela me paraît, en tout cas, difficile.", avance-t-il à la Tribune de Genève.

"L'Euro dans une seule ville ? Cela pourrait être le cas de Londres"

Plusieurs questions se posent dès lors. Faut-il organiser l'Euro dans un seul pays, ou encore dans une seule ville ? Dans un nombre plus limité de pays voire de villes ? Toutes ces questions trouveront une réponse de l''UEFA "probablement en mars", comme l'a annoncé l'instance du football au journal Le Monde. Un congrès de l'UEFA est également prévu le 20 avril en Suisse. 

Mais Dominique Blanc se mouille déjà et évoque quelques possibilités pour l'organisation de l'Euro 2021. "La première variante serait de disputer l’Euro dans un seul pays, en Russie ou en Allemagne par exemple. La seconde solution, plus restrictive encore, consisterait à se replier sur une seule grande ville, possédant suffisamment de stades pour accueillir les six groupes. Cela pourrait être le cas de Londres", a-t-il également confié. 

L'autre question fâcheuse, c'est le public. Doit-on s'attendre à voir du public ? Ou alors, la compétition serait jouée, à l'instar du Final 8 de la Ligue des Champions, sans supporters ? A six mois du coup d'envoi de l'Euro, les perspectives de voir du public sont assez maigres. C'est également ce que pense Dominique Blanc. "Le retour des spectateurs me semble prématuré. A mes yeux, on s'oriente vers un Euro différent, sans doute sans public"

Et un Euro sans supporters dans le stade ou dans les rues qui l'avoisinent n'aurait pas la même saveur...