Chaque année lorsqu'il se rend au Standard, c'est la même rengaine. Bertrand Crasson suscite toujours autant de rancoeur auprès des supporters du Standard. «Même si je porte aujourd'hui le maillot du Lierse, je sais que je serai accueilli avec les honneurs dus à mon ancien statut de joueur d'Anderlecht, avoue-t-il. Pour eux, j'incarne l'image de l'ennemi juré. Cette image de joueur de la capitale restera à tout jamais collée à ma peau. Il faut bien avouer que je n'ai rien fait pour arrêter cela. Ça ne me dérange pas et ça me fait plus rire qu'autre chose. Au moins, je sais que je ne laisserai personne indifférent. Avec Gilles De Bilde, nous nous y sommes préparés.»

La haine qui existe entre les supporters du Standard et Bertrand Crasson n'est donc pas près de s'estomper. Celle-ci fut même ravivée lorsque la rumeur de son éventuel passage chez les Rouches fit son chemin. «Cette rumeur provoqua un véritable tollé sur les sites de supporters », confirme l'arrière droit du Lierse. «Les bonnes relations que j'ai toujours entretenues avec Luciano D'Onofrio ont encore un peu plus amplifié cette rumeur. Mais les Liégeois optèrent, à l'époque, pour une autre politique puisqu'ils se séparèrent de joueurs plus chevronnés comme Johan Walem pour laisser la place à de plus jeunes éléments. Je ne répondais donc pas au profil recherché. Je constate simplement que le Standard n'est pas parvenu à décoller depuis des années. Il y a bien des raisons à cela mais ce n'est pas mon problème. Je n'ai, en tout cas, jamais compris la ligne de conduite de ce club qui a acheté beaucoup de joueurs très chers qui n'ont, finalement, pas rapporté grand-chose. J'ai beaucoup d'admiration pour le public liégeois. Il est très courageux d'être encore là. Ce club possède un impact très important auprès de la presse et du public. Mais pour redevenir un grand club, il faut une grande équipe. Genk y est parvenu, Anderlecht et Bruges l'ont toujours eue. Selon moi, les supporters du Standard sont d'ailleurs plus fanatiques que raisonnables. Maintenant, il serait bon de voir le Standard au sommet du football belge. Ce serait bon pour toute la région et pour le pays. Malheureusement, il y a beaucoup de gâchis là-bas.»

Pas de langue de bois

Bertrand Crasson n'a jamais pratiqué la langue de bois. Même lorsqu'il est appelé à s'épancher sur l'arbitrage devant les caméras de la première chaîne publique au soir de la défaite du Lierse au Parc Astrid...

«J'avais juste affirmé que certaines grandes équipes étaient protégées, confirme-t-il. Et je le pensais. Je vois cela d'un oeil différent car je me trouve désormais de l'autre côté. Lors de notre match à Anderlecht, l'arbitre nous sanctionna d'un coup de réparation avant d'exclure injustement Jonas De Roeck. A Anderlecht, je m'étais habitué à un certain type d'arbitrage mais, visiblement, il y a une différence entre les grandes et les petites équipes. Maintenant, je peux m'étonner chaque semaine de l'arbitrage. C'est assez regrettable pour les petits clubs, qui doivent aborder les événements avec plus de courage que les grosses cylindrées.»

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