D1A Quand il revient chez lui, à Locarno, Saulo Decarli ne signe pas d’autographe, ne pose pas pour des selfies. "Dans mon petit village natal, je ne suis pas une star. Je ne suis que Saulo, le gamin que tout le monde connaît. Et c’est très bien comme cela…" Saulo Decarli est le deuxième joueur suisse du Club Bruges, après Konrad Holenstein, qui y a officié lors de la saison 1975-1976.

Le Club l’a soufflé à l’Eintracht Braunschweig, qui a raté son retour en Bundesliga. "Serais-je à Bruges si l’Eintracht était remonté ? Difficile à dire. J’avais noué quelques contacts avec d’autres clubs allemands. Quand Bruges m’a contacté, à une quinzaine de jours de la fin du mercato, plus rien d’autre n’a existé. J’étais aux anges ! Je connaissais Bruges depuis longtemps. J’avais même suivi sa campagne en Ligue des champions, il y a deux ans. Le Club a une tradition, il a bâti une belle histoire. Je ne pouvais pas manquer cette opportunité. Bruges, c’est la chance de ma carrière. Par son biais, j’aspire à réaliser mon rêve ultime de footballeur : porter un jour le maillot de l’équipe nationale suisse. Même notre élimination des Coupes d’Europe ne m’a pas fait hésiter."

Ses premières semaines au Club ont enchanté Saulo Decarli, défenseur polyvalent soucieux de progresser. "Je ne dénigrerai jamais mon passé à Braunschweig. Ce fut une période fantastique. Mais Bruges est un cran au-dessus. Le professionnalisme, ici, m’époustoufle. Mais j’ai d’abord été séduit par l’accueil que j’ai reçu. Le nombre de personnes désireuses de faciliter mon intégration m’a ravi."

Un défenseur de l’ancienne école

Saulo Decarli paraît s’imposer déjà comme un titulaire dans un système de jeu qu’il découvre. "J’ai très peu évolué dans une défense à trois. C’est un défi pour moi. J’adore ce genre de challenge ! Je suis un défenseur de l’ancienne école, je suis donc d’abord défenseur : dur dans les duels, bon de la tête, toujours concentré. Je dois apprendre à soigner les relances car, avec Denswil, nous sommes investis d’une grande responsabilité."

Saulo Decarli est un bosseur : "J’aime arriver tôt, partir tard. Au début, dans le vestiaire, j’étais un peu timide. Je m’ouvre déjà. Je suis toujours prêt à rigoler." Saulo Decarli s’émerveille toujours quand il évoque l’idole de sa jeunesse. "J’admire Marco Materazzi. D’abord parce qu’il évoluait à l’Inter Milan. J’ai grandi avec les maillots de ce club. Ensuite parce que Materazzi a travaillé dur pour réaliser ses rêves. Son exemple m’inspire."

A Bruges, Nakamba impressionne Saulo Decarli : "J’aime son jeu. Il conduit le ballon à la perfection. Il est toujours disponible, il ne se cache jamais."

Ivan Leko aussi a séduit le défenseur suisse : "Ses idées sont claires. Notre coach est un perfectionniste, obsédé par les détails. A l’entraînement, on ne peut jamais dormir : il voit tout. Rien n’est jamais laissé au hasard."