Le plus grand procès de l'histoire du «Calcio» s'ouvre aujourd'hui à Rome devant la justice sportive avec, sur le banc des accusés, 26 personnes et quatre clubs historiques du football italien, qui risquent la rétrogradation pour avoir participé à un vaste système de trucage de matches. Juventus Turin, AC Milan, Lazio Rome et Fiorentina: quatre «grands» du championnat pourraient se voir rétrogradés à l'issue de ce procès dont le jugement en première instance sera rendu entre le 7 et le 9 juillet.

Jeudi, à 9h30, c'est dans une salle du mythique Stadio Olimpico que débuteront les auditions des 26 dirigeants de clubs, responsables fédéraux, arbitres et arbitres-assistants déférés le 22 juin pour «fraude sportive» par le procureur de la Fédération italienne Stefano Palazzi.

Matches «conditionnés»

A l'origine de ce maxi-procès devant la cour d'appel fédérale (CAF) de la justice sportive, une enquête menée pendant deux ans par le parquet de Naples et dévoilée début mai dans la presse via la retranscription de longs extraits d'écoutes téléphoniques plutôt embarrassants. Dans ces conversations enregistrées, Luciano Moggi, ex-directeur général de la Juventus Turin et personnage clé de l'affaire, indique par exemple à plusieurs reprises à un responsable arbitral ses préférences pour des matches de la Ligue des Champions 2004-2005. C'est au total un gigantesque système présumé de «conditionnement» des matches qui a été mis au jour, avec 41 personnes mises en examen et pas moins de 19 rencontres de première division suspectes.

Mais c'est surtout le sort des quatre grands clubs de première division qui va retenir l'attention du monde entier: qu'ils soient accusés de «responsabilité directe», «indirecte» ou «présumée», la «Juve», l'AC Milan, la Lazio et la Fiorentina risquent une relégation en série B, voire en série C.

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