Johan Vermeersch, le célèbre entrepreneur de Ternat, a une réputation de «grande gueule» dans les milieux du ballon rond. Nombreuses ont été ses déclarations... tapageuses depuis qu'il est revenu aux affaires au stade Machtens. Son pendant existe ailleurs. Jos Vaessen, le président du RC Genk, est tout aussi bouillant. A un tel point qu'il décida, dans le courant de la saison dernière, de s'infliger lui-même (!) des amendes lorsqu'il dépassait ses prérogatives. Ce temps semble bien révolu puisque, quelques heures après la nouvelle défaite de ses couleurs, dimanche dernier à Mouscron, cet homme d'affaires limbourgeois s'est à nouveau lâché. Les Molenbeekois, prochains visiteurs au Fenixstadion, en payeront-ils les conséquences?

Le président genkois n'a toujours pas digéré le douloureux revers essuyé au Canonnier, d'autant que son équipe pouvait revenir au quatrième rang à égalité avec La Gantoise et Zulte-Waregem, et ce, à quatre unités de Bruges qui est sur la dernière marche du podium. «Etre battu fait partie du sport mais il y a la manière, déplore Jos Vaessen. Je suis fou furieux sur certains. Ce qu'ils ont montré, ou plutôt pas, c'est tout bonnement scandaleux. Une fois de plus, j'ai eu l'impression d'être impuissant alors que le club consent de gros efforts pour constituer un noyau compétitif. Le groupe ne fait rien pour nous renvoyer l'ascenseur. Je suis même obligé de conclure que nous n'avons pas joué à onze à Mouscron!» Jos Vaessen visait principalement deux éléments: le pourtant génial gaucher Orlando Engelaar et l'... ex- Hurlu, Gonzague Vandooren. «Ce qu'ils ont presté le week-end dernier est tout bonnement inadmissible! Ils sont très loin de leur niveau habituel. Le message est bien passé auprès de l'entraîneur qui les a remplacés. Mais il serait illogique de mettre au passif de ces deux joueurs cette défaite. D'autres sont également passés complètement à côté de leur sujet. Certains cadres n'affichent pas la bonne mentalité. Je suis terriblement déçu mais je ne vais pas rester les bras croisés. Je vais tirer les conclusions qui s'imposent et, au terme de cette campagne, certains risquent de devoir vider leur casier pour aller voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs.»

On a l'impression d'avoir déjà entendu un discours identique dans les bureaux de Ternat... Mais ces dirigeants ont-ils réellement tort? Pas sûr!

Hugo Broos échappe, lui, pour l'instant aux critiques de son président. «Notre mentor connaît parfaitement ma position vis-à-vis du comportement de certains de ses joueurs. En ce qui le concerne, l'entraîneur ne fait l'objet d'aucune discussion. Mais cela ne signifie pas que je ne rejoins point nos supporters qui sont terriblement déçus...»

Entre-temps, l'Europe ne cesse de s'éloigner du Fenixstadion. «Alors que nous disposons d'une équipe qui coûte trois ou quatre fois plus cher que celle de Mouscron, nous avons été défaits de façon méritée dimanche dernier.»

© Les Sports 2006