MONS «Emilio Ferrera est un excellent coach.»

Tel était l'avis de Sergio Brio au matin de la confrontation à 36.000 points entre le RAEC Mons et le FC Brussels samedi soir.

À l'issue de la partie, l'entraîneur montois ne fit aucun commentaire. Il resta longtemps terré dans son vestiaire, ayant sans doute peur de la réaction violente du noyau dur des supporters des Dragons qui l'attendait à la sortie. L'ancien défenseur de la Juventus dut même être escorté par les forces de l'ordre pour quitter le Tondreau sans casse!

Et pour cause, son jeune collègue bruxellois lui donna une leçon de... coaching et précipita la chute dans les tréfonds du classement de son hôte. Emilio Ferrera profita du repos pour transformer un Brussels amorphe, maladroit, nullement inspiré, battu dans la plupart des duels et surtout muet, en une phalange beaucoup plus ambitieuse, qui combinait mieux, qui cherchait la profondeur, les espaces et des solutions sur les flancs via des transversales meurtrières. Bref, une équipe conquérante qui s'imposa très logiquement pour la deuxième fois cette saison et qui s'offre donc un sérieux bol d'air dans le fond du classement, à l'inverse des Montois.

«Kop déçu, kop reste dans la rue. RAEC Mons: tu ne combats plus, tu n'as plus d'âme, on ne fait plus la fête dans ton antre, réagis! Brio démission!»

La voix du peuple s'est fait entendre avant, pendant et, surtout, après cette rencontre. À la vue de la piètre prestation livrée par Olivier Suray et ses copains, on peut comprendre ces fidèles supporters. Si les Montois menaient au repos grâce à un but de l'ex-Guingampais Nicolas Goussé, il le devait surtout à la grande passivité molenbeekoise. En effet, les Dragons ne s'étaient guère montrés plus précis et inspirés que leurs visiteurs. Et que dire de leur seconde période... Tout simplement indigne d'un niveau... national. Samedi, Mons aurait même connu des problèmes contre une bonne formation de... promotion!

Le bilan est éloquent: zéro point sur douze avant d'aborder des adversaires nettement mieux cotés que les derniers. À commencer par un déplacement à Genk et la venue de Lokeren. Et pourtant, la tête de Brio réclamée par la vox populi semble être solidement accrochée. Le président Leone a d'emblée rassuré son entraîneur, au risque de se mettre lui-même tout le monde à dos. Même si la barrière du dédit financier en cas de licenciement constitue une muraille, il est grand temps d'agir du côté du Tondreau.

Inutile de dire que dans le camp visiteur, c'était la fête, même s'il ne fallait pas masquer les manquements enregistrés lors des 45 premières minutes «digne d'une mauvaise P 1 hennuyère», clama un Johan Vermeersch qui naviguait entre satisfaction et colère: «On a engrangé trois points hyperimportants, mais cela ne peut me satisfaire complètement; le niveau atteint en première mi-temps m'a interloqué.»

Des propos modulés par un Emilio Ferrera visiblement soulagé: «Un match dure 90 minutes, pas 45 sinon nous aurions défait le FC Bruges il y a huit jours! Je retiens que nous avons fait preuve de caractère et que les remplaçants, Snelders et Selemani, ont pu faire la différence. Sans oublier que les autres joueurs ont su réagir, ce qui est toujours très satisfaisant.»

mais il est temps qu'il tire ses propres conclusions... (PHOTO NEWS)

© Les Sports 2004