Si quelques unes de ses interventions, très risquées, ont donné des sueurs froides aux supporteurs maliens, Mahamadou Sidibé, gardien de but des Aigles du Mali, demi-finalistes de la 23e Coupe d’Afrique des nations de football (CAN), s’en sort pourtant plutôt bien.

On se souvient encore de cette sortie lors du match contre le Nigeria (0-0) où, sur une balle aérienne, Sidibé quitte sa surface, saute plus haut que tout le monde et renvoie la balle... de la tête avant de regagner sereinement sa cage.

«En matière de football, il faut prendre des risques, il ne faut jamais être crispé », explique ce gardien qui, depuis neuf mois, évolue dans le club grec d’Athinaïkos (D2). Tenter sa chance si loin du pays, voilà un autre risque.

«Lorsqu’on joue contre de grandes équipes, le gardien n’a pas le droit de rester figé dans sa cage, il faut qu’il participe à l’action dans le terrain », estime Sidibé, qui se définit d’ailleurs comme le «deuxième libero » de son équipe.

Déjà un doyen

Ses interventions décisives (un seul but encaissé contre le Liberia, par George Weah, 1-1) ont compté pour beaucoup dans le parcours des Aigles, qui joueront jeudi en demi-finale contre les «Lions indomptables » du Cameroun.

Comme la plupart des jeunes des Aiglons, Sidibé, titulaire dans son club grec, a commencé à s’illustrer dans les catégories jeunes en équipe nationale.

Il a notamment joué la Coupe du monde des cadets au Japon (1992) et fait partie, avec son actuel capitaine Soumaïla Coulibaly (Fribourg/D1 allemande), de l’équipe classée 4e à la CAN junior de 1995 au Nigeria.

Aujourd’hui, à 26 ans seulement, il fait déjà figure de doyen parmi ses «jeunes frères » (dont la moyenne d’âge est de 22 ans), à qui il apporte un plus grâce à son expérience, lui qui a commencé à 17 ans au Real de Bamako et qui, après un passage dans les pays du Maghreb (Egypte et Libye), a atterri en Grèce.

«Nous sommes une famille, et nous sommes tous ici pour la même cause », déclare-t-il.

Tout en reconnaissant que l’adversaire en demi-finale sera «difficile à jouer », il demeure «très confiant » quant à la victoire des Aigles qui «peuvent gagner la Coupe ». Et si tel n’était pas le cas ? «On saura que Dieu en a décidé autrement », lâche-t-il. (AFP)