PARIS Les joueurs de l'équipe de France se sont déclarés «abasourdis» samedi soir par les sifflets du public du Stade de France, notamment dirigés contre le gardien Fabien Barthez et le milieu Vikash Dhorasoo, pendant le match de préparation pour le Mondial gagné contre le Mexique (1-0).

«On ne comprend pas très bien, les joueurs étaient abasourdis, pour nous cela n'a pas de sens, on prépare la Coupe du Monde et on est sans mots», a déclaré le sélectionneur Raymond Domenech après le match.

«On mène et on se fait siffler, je suis déçu», a déclaré pour sa part Djibril Cissé. «Vikash Dhorasoo n'avait mê- me pas touché la balle qu'il était sifflé. Moi, j'ai été sifflé, Fabien Barthez a été sifflé, tout le monde a été sifflé, c'est dommage et étonnant.»

Le public du Stade de France, qui a cependant réservé plusieurs ovations à Zidane et un tonnerre d'applaudissements à Franck Ribéry, a, en effet, copieusement sifflé Vikash Dhorasoo. Il a également manifesté son désaccord avec le choix du sélectionneur de maintenir Barthez comme gardien titulaire, en sifflant Barthez et en scandant «Coupet, Coupet» en fin de match.

Enfin, les spectateurs ont fait part de leur impatience en sifflant certains gestes ratés ou certaines phases de jeu trop lentes à leur goût.

«On voulait que ce soit une fête pour la dernière de Zidane au Stade de France mais le public a manifesté une opinion», a renchéri Florent Malouda. «On doit être au-dessus de tout ça. C'est dur, oui, mais il ne faut pas se focaliser là-dessus.»

«C'est agaçant», a dit pour sa part Claude Makelele. «Mais tant que le groupe reste positif, ce qui se passe à l'extérieur importe peu.»

Zidane: «C'est scandaleux»

Le capitaine des Bleus, Zinedine Zidane, a aussi été choqué par le comportement de ses supporters: «C'est scandaleux. Ce qui est scandaleux, c'est de siffler n'importe quel joueur de cette équipe. J'ai peut-être été acclamé mais quand vous sifflez Dhorasoo, quand vous sifflez Barthez, c'est comme si vous me sifflez moi. Je suis simplement déçu. On a besoin que les gens supportent l'équipe. En 1998, juste avant qu'on gagne le Mondial, on nous prenait pour des moins que rien, c'était pareil maintenant. Les matches amicaux n'étaient pas parfaits, les gens disaient qu'on allait faire un tour, et rentrer à la maison. À l'arrivée, les gens se sont pris au jeu.»

Samedi, Zidane a fêté sa centième sélection et a joué son tout dernier match au Stade de France sous le maillot des Bleus.

sous le maillot de l'équipe nationale française. (REUTERS)

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