Bien sûr en football, rien n’est jamais écrit. Mais, à la veille de ce Standard-Lierse, les rotatives pouvaient déjà tourner tant il est vrai que la qualification du Standard était, sur le papier d’ores et déjà dessinée. Même l’absence de Tchite, courageusement doublé par le jeune Batshyuayi, ne devait pas brouiller le scénario d’un match que tous croyaient réglé.

Après trois minutes pourtant, il s’en fallut de peu, très peu pour voir un boulet lierrois plomber le ciel serein des Liégeois. Sagement planté au second poteau, le remuant Yasser ne trouvait qu’un bras perdu de Sinan Bolat pour l’empêcher d’ouvrir la marque.

La partition liégeoise, prétendument réglée comme du papier à musique, avait manqué de déraper. D’autant que du côté lierrois, les consignes avaient été sagement emmagasinées. Vifs et incisifs, Yasser et El Gabas choisissaient en effet d’arpenter systématiquement le flanc gauche où "capitaine Goreux" était par instants le seul à meubler la défense d’un Standard dont les lignes restaient très écartées.

Devant le tour de chauffe lierrois, on attendait de voir l’équipe liégeoise se lever. Rien n’y fit. Dans un stade saupoudré de spectateurs comme un concert à ciel ouvert par un soir de pluie, le Standard jouait au ralenti. Collectivement, les péchés originels des Liégeois remontaient. Manque de concentration, passes simples ratées, appels mal calculés : l’abécédaire du football semblait par moments être resté aux vestiaires.

À quelques jets d’autoroute, la Gantoise, d’ores et déjà présentée comme le futur adversaire du Standard, passait de son côté la surmultipliée. En cinq minutes de jeu, les Buffalos douchaient en effet les ambitions lokerenoises en prenant l’avance sur un penalty converti de Smolders. Dans un match plus remuant, les deux équipes du Nord jouaient le jeu sans que les efforts ne soient pesés ou calculés.

Que sur les terres du Ruppel-Boom, Mons se contente de trottiner (score final 2-2), personne ne songeait hier à s’en offusquer. Mais à la vue de ce Standard lent, brouillon, empesé, cette Coupe de Belgique semblait pour les Liégeois comme un boulet aux pieds.

Alors que du côté flandrien les deux matchs s’animaient (Lokeren rattrapant les Gantois, le Beerschot, réduit à dix, revenant du Diable Vauvert face à Courtrai), il restait 45 minutes au Standard pour montrer que la Coupe de Belgique ne se résumait pas à un billet de loterie à gratter.

Revenus sur le terrain, les bretelles sans doute remontées par José Riga, les Liégeois ajoutaient alors de la vitesse à un jeu toujours emberlificoté. Mais les habituels couturiers du jeu liégeois (les Vainqueur, Seijas ou Bia) ne parvenaient toutefois pas à retrouver le fil de leurs idées. La sentence allait tomber. Sur un coup franc apparemment anodin, Maric se rappelait à ses anciens exploits gantois. D’une frappe à raz de terre, la mule lierroise trompait un Bolat désarmé.

Tout pouvait encore basculer. D’autant que, dans le creuset du stade gantois, Lokeren venait alors de renverser une situation compromise. Dans un match fou, les Lokerenois matraquaient les espoirs gantois (3-3) et s’annonçaient en futurs adversaires des...Lierrois. Car à Sclessin aussi un vent de folie venait de souffler. Vainqueur et Grncarov marquaient (1-2) et appelaient à la prologation. Où le Lierse, furieux, s’imposait au milieu du feu (2-4).