Évidemment, l'émotion n'y était pas vraiment. Depuis le temps qu'Anderlecht était champion virtuel - la mi-janvier, pour être franc -, la fête du titre ne pouvait pas être vécue avec l'intensité née d'un suspense insoutenable. Vendredi soir, les cafés autour du stade n'étaient pas remplis pour savourer le penalty de Pieroni et samedi, après avoir salué (sans micro!) une foule considérable (environ 10.000 personnes selon les forces de l'ordre), le staff technique est allé tranquillement manger un bout avec une partie de la direction tandis que les joueurs s'amusaient dans... deux boîtes de nuit différentes avant de bénéficier de deux jours de congé.

C'est peut-être symbolique pour la chronique d'un sacre tant - trop - annoncé, mais au bout du compte, tout cela relève de la pure anecdote. Car ce qui compte pour la direction anderlechtoise, c'est que le club de la capitale a retrouvé son rang, celui de leader du football belge. Et ce, trois ans après le dernier titre du Sporting. C'était alors celui d'Anthuenis, de Koller et de Radzinski. À ce moment-là, Anderlecht semblait inébranlable: un parcours sans faille en championnat, un deuxième tour atteint en Ligue des Champions, des joueurs de calibre européen. Et puis, victime de son succès, il a fallu reconstruire un groupe et une équipe.

Sera-ce encore le cas cette fois? On sent que la direction le craint un peu et ne veut plus connaître une telle situation. «Ce titre, c'est formidable. Le public énorme pour faire la fête, c'est exceptionnel, explique Herman Van Holsbeeck, mais maintenant, le plus dur commence: garder nos meilleurs éléments, nous renforcer et remettre notre titre en jeu...»

Ni Genk ni Bruges, ces deux dernières années, n'ont été capables de se maintenir sur la plus haute marche du podium, tout le monde le sait au Parc Astrid.

En attendant, il reste trois matchs sans enjeu pour les Bruxellois, qui pourront cependant encore égaler un record, celui du nombre de victoires en championnat (26).

Hugo Broos compte bien que ses champions se comportent jusqu'au bout en... champions, même s'il donnera leur chance à quelques jeunes, comme Gerk et Junior.

À propos de jeunes, on doit avoir une pensée pour Anthony Vanden Borre qui vit un rêve éveillé. Mais il n'est pas le plus jeune champion de l'histoire mauve, puisqu'en 1991, un certain Nii Lamptey avait un mois de moins quand il fêtait le titre conquis pas Aad de Mos.

© La Libre Belgique 2004