BRUGES Olivier Suray fut le premier acteur à sortir du vestiaire. Le Montois fut fidèle à son image, c'est-à-dire honnête: «Il y avait penalty, même si Balaban a bien joué le coup. Je l'ai accroché mais il s'est bien accroché également. Et cela, l'arbitre ne l'a pas vu. Par contre, M. Vervecken m'a expliqué que j'étais dernier homme et que c'était pour cette raison qu'il m'avait expulsé. Or nous étions quatre ou cinq dans la même zone.»

Le capitaine montois affinait encore son analyse: «Je suis curieux de voir combien d'exclusions ont suivi des actions comme celle-là cette saison. Vous pouvez être certain que si une situation similaire s'était produite dans l'autre rectangle, les Brugeois seraient restés au complet. Mais quand on est dans le trou, certains prennent un malin plaisir à vous enfoncer davantage encore.»

Hocine Chebaiki voyait aussi dans cette exclusion le tournant du match: «Vu les circonstances, on n'aurait pas pu faire évoluer la situation. C'était déjà difficile à 11 contre 11 où on avait quand même une chance de partir en contre mais là, on bénéficiait d'encore moins d'espaces. On s'est efforcé de maintenir les Brugeois en dehors de notre rectangle. Vous savez, le moral n'est pas toujours au beau fixe et si en plus on perd un joueur, c'est encore moins facile. Vous trouvez qu'on a mal joué le coup en contre? C'est peut-être une question de lucidité parce qu'avant de jouer avec le ballon, il fallait courir pour le récupérer.»

Philippe Billy était un de ceux qui s'étaient mis le plus en évidence: «J'ai joué à trois postes dans ce match mais on doit être polyvalent. Le placement tactique était bien défini en début de partie mais cette expulsion chamboule tout. J'étais aux côtés d'Olivier sur l'action: je peux affirmer que l'adversaire l 'attrape également. Il reste encore deux matches. On va essayer de tout faire pour prendre le plus de points possible. On a vu ce samedi qu'on savait se battre sur un terrain. J'espère qu'il en sera de même les prochaines fois, mais j'espère surtout qu'on restera à onze.»

Quant aux Brugeois, ils ne fanfaronnaient pas après leur succès.

«On dit que c'était facile à 3-0, mais c'est parce qu'on a travaillé pour, analysait Timmy Simons. Il a fallu rester concentrés entre le premier but et les deux suivants qui tombèrent presque en même temps. C'est toujours sympa d'aller à Anderlecht avec un bonus mais vous connaissez Bruges: on ira là pour gagner.»

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