Il a été encensé, courtisé puis banni, accusé de tous les maux et de toutes les combines, ministre puis pensionnaire à la prison de la Santé, comédien, animateur de radio et de télévision, écrivain, et finalement Tapie revient dans l'actualité et le monde du football, sous les couleurs de l'Olympique de Marseille. Incarnation de la réussite sociale au milieu des années 1980, Bernard Tapie était devenu le symbole de l'homme d'affaires corrompu à partir de l'épisode du match truqué Valenciennes-OM (VA-OM).

Né le 26 janvier 1943 à Paris dans une famille modeste, il a été brièvement membre des Jeunesses communistes, vendeur de télé, chanteur, pilote automobile.

En 1977, il se lance dans la reprise et la revente d'entreprises en difficulté, ce qui lui vaudra le surnom de Zorro des entreprises. Il s'est ainsi bâti un empire (le groupe Bernard Tapie Finances), vit dans un hôtel particulier richement meublé à Paris et s'offre un gigantesque yacht, le Phocea.

Dans l'intervalle, en 1983, il s'est lancé dans les activités sportives, en montant d'abord une équipe cycliste, La Vie claire. Troquant le vélo pour les crampons, il reprend en 1986 l'Olympique de Marseille. Il se lance aussi dans la politique en se présentant en 1988 aux élections législatives à Marseille, puis aux élections régionales et européennes.

Le nec plus ultra est son entrée en avril 1992 au gouvernement de Pierre Bérégovoy comme ministre de la Ville. Mais l'année 1993 marque le début de la fin de l'ère Tapie: quelques jours avant la victoire historique de Marseille dans la Coupe d'Europe des clubs champions éclate l'affaire de corruption du match VA-OM.

Dès lors, les foudres de la justice vont s'abattre sur lui entraînant quatre condamnations majeures, une incarcération de six mois, la perte de tous ses mandats électifs et la fin de sa vie d'homme d'affaires.

En juillet 1996, il est d'abord condamné à deux ans de prison avec sursis pour abus de biens sociaux puis mis en liquidation judiciaire personnelle, perdant du même coup ses mandats de député français et européen.

Il est à la prison de la Santé quand il démissionne du Parlement européen, en février 1997. Il y purge une condamnation à deux ans de prison, dont 8 mois ferme, pour complicité de corruption et subornation de témoin dans l'affaire du match truqué. Le 25 juillet, il bénéficie d'une libération conditionnelle.

Bernard Tapie reprend modestement place dans la vie professionnelle comme conseil en communication, mais il est encore condamné, en juin 1998 pour sa gestion des comptes de l'OM, en juillet, pour fraude fiscale dans l'utilisation du Phocea.

Mais l'homme n'est pas abattu, il change seulement de vie. À l'automne 1999 il fait sa rentrée sur plusieurs fronts: médias, pub, comédie.

Et aujourd'hui, il revient à l'OM, comme actionnaire associé et responsable de toute la partie sportive du club de D 1. (D'après AFP)

© La Libre Belgique 2001