La cour d’appel de Bruxelles, siégeant en référé, a estimé, jeudi, que la plainte de l’attaquant du Standard Mémé Tchite contre la Fifa - qui refuse de lui accorder le droit d’être Diable rouge pour avoir déjà porté le maillot national de deux autres pays (Burundi et Rwanda) - était recevable mais non fondée.

En première instance, toujours en référé, le juge avait estimé la plainte irrecevable. Le dossier doit encore être examiné mais les chances de voir Mémé Tchite revêtir un jour le maillot de l’équipe belge se font très minces.

Le joueur possède quatre nationalités au plan civil : Burundais (il y est né), Congolais (par son père), Rwandais (par sa mère) et Belge (par naturalisation, le 25 août 2008).

En 2002, il dispute Burundi - Tanzanie qualificatif pour la Coupe d’Afrique des Nations des moins de 20 ans. A partir de ce moment-là, il est reconnu comme Burundais aux yeux de la Fifa.

Le 25 mai 2004, la Fifa reçoit un courrier, signé de Tchite (qui a toujours prétendu qu’il s’agissait d’un faux) demandant son changement de nationalité. Le 10 août 2004, la Fifa accède à la demande et reconnaît Tchite comme "footballistiquement" rwandais. Dès ce moment, aux yeux des réglements de la Fifa, Tchite ne pourra plus jamais changer de nationalité.

En septembre 2008, René Vandereycken a l’intention d’aligner Tchite (qui vient d’être naturalisé Belge), contre l’Estonie, en match qualificatif du Mondial 2010. Prudente, l’Union belge demande à la Fifa de vérifier que Tchite peut jouer pour les Diables. La Fifa lui répond par un "non" bien senti, pour les raisons exposées ci-avant.

Le 23 juillet 2009, Tchite s’adresse à la Fifa et explique que sa signature pour le Rwanda a été falsifiée. Il joint à cette fin un rapport d’expertise graphologique. Le 13 août 2009, la Fifa répond que la demande de changement de nationalité doit émaner de la Fédération belge.

Or, celle-ci est pendue aux décisions de justice qui doivent tomber. Car, fin 2008, Tchite a demandé à Me Luc Misson de défendre ses intérêts. Me Misson décide de contester devant la justice belge la validité du document attestant la volonté du joueur d’évoluer pour le Rwanda.

En octobre 2010, l’Union belge se décide à adresser une demande en bonne et due forme à la Fifa. Mais celle-ci ne laisse aucun espoir à la fédération belge et au joueur: elle souligne que "l’expertise graphologique" visant à faire reconnaître que la Fédération rwandaise a présenté un faux n’a aucune valeur juridique.

Aujourd’hui, c’est la justice belge qui met des bâtons dans les roues du joueur. Définitivement?