Coup de poker pour certains, coup de chance pour d’autres, le choix opéré par Dominique D’Onofrio au début de ces playoffs 1 ne laissait pas de place au doute. Le Standard ne voulait pas de cette formule et entendait marquer le coup. Pour le troisième Classico de l’année, les Rouches se présentent au Parc Astrid avec une équipe B. Les Liégeois prennent le "G4" à son propre jeu. Si celui-ci peut imposer les règles, il ne peut s’immiscer dans le choix des acteurs Et puis, et puis, et puis. Et puis, le Standard a gagné. Et puis, le Standard a confirmé. Et puis le Standard s’est pris à rêver. Par ces playoffs honnis, les supporters rouches sont redevenus épris. Epris de leur club, de leurs vedettes, de leur entraîneur. La haine et l’amour se tutoient souvent. Le passage de l’un à l’autre ne tient qu’à un filet, qu’à un succès. Et même si le rêve des supporters s’est arrêté net, aucun fan rouche n’ira formuler le moindre reproche à ceux qui sont à nouveau les héros de la Cité Ardente..

A l’inverse, l’un des plus fervents défenseurs de la formule en est devenu la principale victime. Une victime consentante qui a donné le bâton pour se faire battre en se séparant de son berger. Telles des brebis égarées sans Boussoufa, leur maître à jouer, les Mauves ont subi les playoffs au lieu de les disputer. Il y en a sans doute pour se réjouir, au Parc Astrid, de ne pas sortir les mains vides de ces playoffs. Car, sans l’inconstance ni l’inconsistance conjuguées de Gand et de Bruges, Anderlecht aurait pu s’en retourner sans billet européen.

Mais si ce n’est ce pied de nez du sport et du sort, la saison aura aussi et surtout été marquée par une nette croissance des cas d’encéphalite aiguë. Le petit monde du football belge est victime de migraine récurrente, entre une formule proposant quatre types de compétition différents et des calculs presque incompréhensibles sur le système d’attribution des places sur la scène européenne. Un système qui englobe playoffs 1, playoffs 2 et Coupe de Belgique. Les résultats des uns influant sur les autres et vice versa. Ou l’inverse A titre d’exemple, le dernier en date, le match qui est censé opposer le 4e des PO1, le FC Bruges, au vainqueur des playoffs 2, Westerlo : les Limbourgeois se trouvent également être finalistes de la Coupe. S’il la gagne, le barrage face aux Blauw en Zwart ne sera même pas disputé, faute d’intérêt. S’il la perd, par contre, les deux équipes s’affronteront seulement pour savoir à quel stade des tours préliminaires ils commenceront l’Europa League. Aïe, ma tête !

Et puis, il ne faudrait pas non plus faire l’impasse sur des épisodes disons inclassables. La Ligue Pro a, là encore, prouvé qu’elle ne pouvait pas s’auto-administrer. Guéguerres internes, menaces de sécession pour les droits télé La D1 est virtuellement repassée à dix-huit clubs pendant quelques semaines avant de devenir une compétition fermée - les descendants étant désignés sur la base de trois saisons (si, si). Un petit tour et puis s’en vont, ces deux réformes, éphémères, ont laissé place au statu quo Beaucoup de bruit pour rien ? Pas tout à fait. Les "petits" clubs en ont profité pour arracher quelques privilèges aux grands, et ce ne sont pas les descendants qui s’en plaindront. Un joli parachute leur permettra de se poser en douceur sur les pelouses de D2.

A ce propos, en bas de tableau, les playoffs 3 ont montré toutes leurs limites. Lassitude d’un côté, avec la répétition d’un même duel pendant cinq journées, et tensions exacerbées de l’autre, avec une rivalité poussée à son paroxysme.

Le football wallon confirme, pour sa part, un déclin grandissant au cours des ans. Après La Louvière, Mouscron, Mons, Tubize ou Seraing, ce sont Eupen et Charleroi qui quittent l’élite. Seuls les Montois peuvent encore tenir compagnie au Standard en D1, mais encore faudra-t-il que les Dragons remportent le tour final.

Avec tout ça, on oublierait presque qu’une procédure est toujours en cours. Et que l’Union belge a préféré payer une astreinte de 500 000€ plutôt que de se conformer à la suspension des playoffs 2 et 3 ordonnée par un juge. L’affaire du joueur non qualifié au Lierse pouvait pourtant sauver Eupen et renvoyer le Standard en playoffs 2

Et dire pourtant que la Ligue Pro tenait enfin le suspense tant attendu. Genk et le Standard, les deux grands absents du dernier exercice, ont rejoint Gand, Bruges et Anderlecht pour un sprint final jalonné de "sommets". Et s’il y a un point, au moins, sur lequel la Ligue Pro ne s’est pas totalement plantée, c’est bien celui-là : ce système de playoffs avec la division des points a le mérite d’empêcher que le championnat soit joué dès février Mais comme dans la fable, c’est encore la tortue, Genk, qui l’emporte au final.