La France s’est réveillée avec une belle gueule de bois, hier. Au-delà des fêtes qui ont suivi la pénible qualification de nos voisins pour la Coupe du Monde, une seule image alimentait toutes les discussions. En moins de 24 heures, l’assist de Thierry Henry pour William Gallas est entré dans la légende. Pas encore au niveau de la "main de Dieu" de Maradona à Mexico en 1986. On manque encore de recul.

Mais, pourquoi, que diable, Monsieur Hansson ne s’est-il pas entretenu avec Thierry Henry dans la foulée du but français ? Pourquoi "Titi" a-t-il manqué une occasion en or de dénoncer son assist crapuleux, ce qui l’aurait élevé à jamais au rang de sportif le plus fair-play de l’histoire du sport ?

Tous les observateurs s’accordent sur le caractère volontaire de la faute. Les images sont limpides. Indiscutables. Ce but honteux mais ô combien rémunérateur est à classer parmi les plus sombres pages de l’histoire sportive. Au même titre que le tristement célèbre coup de boule de Zinédine Zidane, la "cuillère" d’Henry écornera encore durant de longs mois l’image du football français, qui est au plus bas. En délicatesse avec son public, son entraîneur et son jeu, l’équipe de France s’envolera donc pour l’Afrique du Sud avec un sentiment de malaise que même les commentateurs français sur TF1 ne pouvaient masquer. Au-delà de cette tricherie qui démontre à nouveau à la jeunesse que le sport aussi est rempli d’injustices, retenons plutôt l’attitude exceptionnelle des Irlandais. Après de vaines protestations, ils ont adopté une attitude digne. Mieux, en fin de rencontre, là où certains supporteurs auraient disjoncté, les Verts ont acclamé leurs idoles durant de longues minutes. La tête haute, eux.

Cette injustice relance l’éternel débat sur la présence d’un cinquième arbitre ou le recours à la video. Si l’immense majorité des "footeux" en rêvent, les têtes pensantes de la Fifa le rejettent de peur de bouleverser les traditions d’un sport populaire et simple.

Autre constat qui dérange, les enjeux financiers colossaux d’une telle confrontation. Regardons l’Algérie qui arrache son ticket contre l’Egypte dans un climat si belliqueux que le sport en est largement relégué au second plan.

Dans le cas de la France, TF1 a déboursé 240 millions d’euros pour diffuser les phases finales des deux prochains mondiaux. Demandez aux directeurs des chaînes "télé" en Russie dans quel état ils se sont réveillés hier après la déroute des 150 000 millions de Russes contre la petite slovénie de 2 millions d’habitant