La direction du Standard "condamne fermement" la banderole déployée dimanche par une partie de ses supporters et sur laquelle Steven Defour apparaissait décapité, indique-t-elle lundi dans un communiqué. "La confiance est rompue", déclare le club, qui "travaille à l'identification des responsables" et "prend des mesures pour sanctionner dès maintenant les fautifs". "La direction et l'ensemble du Standard de Liège ne cautionnent pas ce tifo et le condamnent fermement", souligne le club.

"Nous sommes dès à présent en train de travailler à l'identification des responsables qui ont en plus dupé le club et même d'autres supporters de la tribune 3, qui ont été renseignés comme nous sur un autre visuel qui n'avait rien à voir avec celui finalement déployé ce dimanche."

Le club liégeois avance que ses supporters lui avaient, durant la semaine précédant le match, présenté une autre banderole qui ne posait pas de problème. "Vu la taille de la toile, il est impossible de la vérifier lorsqu'elle rentre dans le stade durant la matinée", avait justifié dès la fin du match le porte-parole du Standard. "Depuis la banderole Tony Montana (brandie l'année passée face à Anderlecht et qui représentait le héros de Scarface arme à la main à côté d'une flaque de sang mauve, ndlr), nous demandons expressément de voir tous les visuels. Tout avait toujours été correct entre nous. La confiance était présente."

Celle-ci est désormais "rompue", selon le club.

Le Standard "prend dès lors les mesures qui (lui semble) nécessaires pour sanctionner dès maintenant les fautifs et empêcher cela à l'avenir".

Une réunion est prévue avec la Ville de Liège et le groupe de supporters Ultras Inferno. Le Standard n'a pas pu être joint pour donner davantage d'explication quant à l'identification des supporters ou aux mesures déjà prises.


Willy Demeyer: Des tifos pourront être interdits

Ces dernières semaines, l’attitude de certains supporters du Standard est restée en travers de la gorge du bourgmestre de Liège Willy Demeyer.” Lors de la rencontre européenne contre Feyenoord, il y a eu vingt policiers blessés”, rappelle-t-il en précisant qu’il avait suivi toute la rencontre, et l’après-rencontre, au poste de commandement de la police liégeoise. “Ce dimanche, en marge du match contre Anderlecht, il y a d’ailleurs eu une grosse opération de police aux abords du stade, pour identifier les auteurs de violence…”

Le désormais fameux Tifo de la honte de ce dimanche n’a pas arrangé les choses, loin de là. “Ce n’est pas du folklore footballistique ou de la grosse rigolade”, estime Willy Demeyer. “La liberté d’expression est importante mais il y a des limites. Celles de l’incitation au meurtre ou à la haine, par exemple”, dit-il encore en précisant qu’il fallait maintenant déterminer le caractère pénal ou non de ce tifo.

“Le football n’est pas au-dessus de la loi”, rappelle le bourgmestre de Liège, qui rencontrera donc cette semaine la direction du Standard et les clubs de supporters. A l’ordre du jour de cette rencontre, notamment l’exigence de pouvoir consulter au préalable, le tifo qui sera déployé, lors du prochain match au stade de Sclessin. “Ce tifo pourra être interdit. Et s’il est quand même déployé, il n’y aura tout simplement pas de match…”



Le communiqué du Standard:

"Notre club a déjà réagi hier par l’intermédiaire des médias présents au stade.

La Direction et l’ensemble du Standard de Liège ne cautionnent pas ce tifo et le condamne fermement.

Nous sommes dès à présent en train de travailler à l’identification des responsables qui ont en plus dupé le club et même d’autres supporters de la tribune 3 qui ont également été renseignés comme nous sur un autre visuel qui n’avait rien à voir avec celui finalement déployé ce dimanche.

La confiance est rompue.

Nous prenons dès lors les mesures qui nous semblent nécessaires pour sanctionner dès maintenant les fautifs et empêcher cela à l’avenir.

Une réunion est déjà prévue avec la Ville de Liège et les Ultras Inferno."