La Fédération internationale de football (FIFA) entend faire passer au forceps le complexe dossier de la réforme des transferts dans le football professionnel, réclamée par l'Union européenne (UE), même s'il est loin de faire l'unanimité de la famille du football.

«Le 16 février (date de la prochaine réunion avec l'UE) nous saurons s'il est possible ou non d'arriver à un accord», a affirmé le secrétaire général de la FIFA Michel Zen Ruffinen, lundi à Cannes (sud-est) à l'occasion du salon Football-Expo.

«Le Commission européenne vient d'arriver à un accord avec la Fédération internationale automobile (FIA) qui avait pourtant un dossier très compliqué. Elle doit pouvoir y arriver avec nous qui avons déjà un dossier très avancé», a ajouté M. Zen Ruffinen qui a multiplié les réunions.

Pour relancer des négociations engluées, en raison de l'opposition de l'Union européenne de football (UEFA) et du Groupement des 14 clubs européens les plus influents (G 14), le secrétaire général de la FIFA a décidé d'inviter ce dernier à la table des négociations alors qu'il n'est pas officiellement reconnu par les instances du football. «Nous connaissons leur position. Leur présence ne peut que renforcer les possibilités d'un accord général de la famille du foot», a-t-il expliqué.

Les intervenants déjà consultés - FIFA, UEFA, et le syndicat des joueurs professionnels (FIFpro) - sont parvenus à un accord sur cinq points. Mais, les discussions butent toujours sur la durée pendant laquelle un joueur ne peut rompre son contrat. Imposer des limites dans le temps et d'éventuelles sanctions à un joueur ne respectant pas son contrat serait une nouvelle fois en désaccord avec le Traité de Rome sur la libre circulation et la libre concurrence, soulignent les opposants au projet de la FIFA.

Pour respecter le calendrier, la suite des négociations devrait être menée au pas de charge.

Un «document mis à jour» par rapport à celui soumis à l'UE le 31 octobre dernier était présenté ce mercredi à Zurich au groupe de travail (task force) comprenant deux membres de la FIFA et deux de l'UEFA.

Il sera ensuite soumis, entre les 5 et 8 février, à un groupe de travail élargi à des représentants des Ligues et des clubs, dont deux membres du G 14, invités dans le cadre d'un atelier de travail à Nyon (Suisse) au siège de l'UEFA.

Cette «dernière proposition» devrait ensuite être transmise à la Commission européenne avant la réunion du 16 février à Bruxelles entre la Task force et l'UE.

«Nous avons besoin de l'accord de toutes les composantes de la famille du football. C'est pour cela que nous avons mis tout le monde sous pression. Il me semble que ce qui va être proposé va être accepté», a encore affirmé Michel Zen Ruffinen se voulant résolument optimiste.

Même si un accord de principe est trouvé le 16 février, il faudra encore le finaliser, ce qui sera loin d'être évident dans la mesure où plusieurs voix se sont élevées à Cannes, notamment africaines, pour s'étonner que seule l'UEFA soit partie prenante dans ces négociations.

Le secrétaire général de la FIFA, conscient de ce problème, a d'ailleurs lancé une sorte d'appel en demandant «à la famille du football de rendre possible l'application de ce nouveau réglement partout dans le monde».

Si les négociations devaient durer trop longtemps, une autre menace pèse sur le football: la Cour européenne de justice de Luxembourg pourrait être amenée à trancher brutalement le litige en émettant, sur le dossier du joueur hongrois Tibor Balog, un arrêt déclarant toute indemnité de transfert hors la loi européenne.

(AFP)

© La Libre Belgique 2001