Les autorités du football et la Commission européenne tiennent sommet ce mercredi à Bruxelles pour tenter de trouver une solution au casse-tête des transferts des joueurs, mais l'espoir de parvenir à un accord est ténu. Un échec des discussions risque de provoquer une nouvelle révolution dans le monde du football, qui verrait le système des transferts aboli pour des raisons d'incompatibilité avec le principe communautaire de libre circulation des travailleurs. Ce sont les indemnités exigées pendant la période du contrat qui seraient abolies.

Le président de la Fifa, Sepp Blatter, et son homologue européen de l'UEFA, Lennart Johansson, rencontreront mercredi les commissaires à la Concurrence Mario Monti, aux Sports Viviane Reding, et à l'Emploi Anna Diamantopoulou pour trouver un compromis. Mais les autorités du football n'ont aucun accord définitif à présenter à la Commission. Le représentant des footballeurs professionnels (Fifpro), Philippe Piat, a en effet claqué la porte des ultimes négociations avec la Fifa et l'UEFA, dont il jugeait les propositions totalement inacceptables. Le dernier espoir est que la réunion politique de mercredi permette de déblayer le terrain pour un accord qui serait entériné vendredi. Le dernier problème est la stabilité des contrats pour les joueurs de plus de 23 ans.

PRINCIPE DE STABILITÉ

L'UEFA et la Fifa veulent assurer le respect du principe de stabilité en interdisant aux joueurs de rompre leur contrat pendant les trois premières années, les clubs restant libres de les vendre à n'importe quel moment. La Commission estime qu'il s'agit là d'une disposition totalement déséquilibrée qui ne manquerait pas d'être attaquée par la Cour de justice de l'Union européenne.

Les juges de Luxembourg diront sans aucun doute, dit-on à la Commission, que des instruments moins restrictifs peuvent remplir la même mission, comme une compensation financière à payer par le joueur qui souhaite rompre son contrat avant terme. Si la Commission n'agit pas, les joueurs iront se plaindre devant la Cour, a souligné Amelia Torres, porte-parole de Mario Monti.

Pour le reste, un accord est à portée de main sur tous les autres points, l'exécutif européen ayant mis de l'eau dans son vin en tenant compte des injonctions des dirigeants européens. Lors de leur sommet de Nice, en décembre dernier, ces derniers ont reconnu la spécificité du sport.

UN TRANSFERT PAR AN

Pour un joueur de moins de 23 ans, une indemnité équivalente au maximum au budget annuel total de formation sera versée au club qui l'a découvert, et ce à chaque changement d'équipe.

Les règles s'appliqueront dès qu'un joueur aura atteint l'âge de 16 ans, pour autant que ses parents résident dans l'UE, qu'ils donnent leur accord à l'intégration de leur fils dans un club, ce dernier devant en outre organiser sa scolarité.

Un joueur pourra changer de club une fois par an et disposera de deux périodes harmonisées pour le faire.

Enfin, une procédure d'arbitrage sera créée pour régler les différends.

A la Commission, on insiste sur le fait que sa volonté est de protéger tous les joueurs, pas seulement les vedettes. Les vedettes ont un pouvoir de négociation suffisant, a expliqué Amelia Torres. Ce sont les autres qui souffrent.

(REUTERS)

© La Libre Belgique 2001