Il y a des signes qui ne trompent pas. Lorsqu'un gardien est, à l'issue d'une rencontre, le meilleur homme du match, c'est que son équipe ne tourne pas rond. Le constat vaut pour Anderlecht et donc pour son dernier rempart, Tristan Peersman, qui a une nouvelle fois sauvé ses couleurs, contre Mouscron. Le remplaçant de Daniel Zitka, qui revient d'une blessure à la cuisse, fut déterminant face à Marcin Zewlakow et Pieroni.

«Je fais juste mon job», tempère la doublure de Zitka. «Si tous les joueurs de l'équipe se concentraient sur leur travail et affichaient une bonne mentalité, cela irait sans doute mieux et on n'aurait aucune difficulté à être champions. Au lieu de cela, chacun veut forcer les choses. Contre Mouscron, il y a eu trop de pertes de balle et pas assez de rythme. Plutôt que de jouer collectivement en un temps, on a préféré prendre l'initiative seul et se lancer dans des actions individuelles. Face à un adversaire très bien organisé, certainement meilleur que Beveren et très difficile à manier, cela ne paie pas.»

Un troisième sommet

Les qualités de Tristan Peersman commencent enfin à être reconnues. «Je sais ce dont je suis capable mais cela me fait plaisir de voir que de plus en plus de gens me considèrent enfin à ma juste valeur: les supporters, la presse... Je suis en train de prouver que j'ai ma place dans cette équipe.»

De là à remettre la hiérarchie établie en question, il y a un pas que le n°2 anderlechtois évite de franchir. «Quelle hiérarchie? Pour moi, la hiérarchie, cela n'existe que dans la famille royale... Il y a une saine concurrence entre nous (NdlR: les gardiens du Sporting). Il n'y a pas de jalousie, on est plutôt du genre à se réjouir des bonnes prestations de l'autre. Personnellement, je donne toujours le meilleur de moi-même pour mériter ma place. Cela dit, le dernier mot revient toujours à l'entraîneur.»

Une chose est sûre, sauf catastrophe, le gardien de 24 ans sera reconduit à son poste, vendredi, pour un troisième sommet. Après la défaite à Bruges et un partage contre Mouscron, Anderlecht espère obtenir la victoire à Sclessin. «Nous n'avons rien à perdre au Standard», assure Tristan Peersman. «Les Liégeois devront faire le jeu devant leur public, avec la pression de la lutte pour une place européenne. Les deux équipes joueront pour les trois points.»

Tristan Peersman se sent, lui, de plus en plus à l'aise: «L'accumulation des matches joue en ma faveur. Les automatismes, qui manquaient au début, sont désormais bien rodés. Je sens quand le défenseur va faire une passe ou dégager devant. Je suis aussi plus en confiance à la relance. Je peux donc me concentrer plus facilement sur ma propre prestation.»

Et sur son avenir? «Je ne pense pas que mes prestations aient attiré les regards d'autres clubs. Mais c'est mon manager qui s'en occupe. Et, de toute façon, si un club se manifestait, je ne le vous dirais pas.»

© Les Sports 2004