S’il n’a pas voulu s’exprimer, Yacin Karaca était réconforté par ses coéquipiers.

"S’il met ses deux occasions, il reçoit une cote de neuf , estimait Gérald Forschelet. Il a fait, à part ces deux occasions manquées, un match exceptionnel. Il faut qu’il relève la tête, ne l’accablons pas, nous aurons encore besoin de lui."

"J’ai été le voir après le match, révélait Yohan Brouckaert, le défenseur des Sang et Or . Je lui ai dit que nous étions là pour le réconforter et que ce n’était pas sa faute."

Peur de marquer ?

Egoïstement et individuellement, mais cela passait quand même au second plan, le grand perdant de ces trois minutes assassines, c’était Alan Haydock qui avait mis fin à une période de 442 minutes sans but de Tubize et, en même temps, avait inscrit son premier but avec le maillot sang et or sur le dos.

"Karaca a peut-être eu peur de marquer, pensait l’ancien joueur du Brussels. Je sais, ce sentiment peut paraître incroyable depuis les tribunes. Mon "goal" , lui, est instantané ; je n’ai pas le temps de me poser des questions. Tout le contraire de Yacin. Certains estiment qu’un joueur de D1 ne peut pas rater ça, mais qui sait ce qui peut passer dans la tête d’un joueur à ces moments-là ? Il ne faut pas tout lui mettre sur le dos. C’est dommage, j’aurais tant aimé rapporter trois points à mes couleurs."

Le médian défensif avait prévenu ses proches qu’il marquerait samedi soir.

"Avec le nouveau schéma tactique (NdlR : trois milieux défensifs avec Forschelet en " essuie-glaces" devant la défense pendant que Beynié et Haydock peuvent se relayer pour lancer des incursions dans le camp adverse), je savais que j’aurais davantage de marge de manœuvre offensivement."

La déception n’était pas estompée dimanche : "J’ai mal dormi, avoue-t-il. Nous ne sommes pas passés loin, non pas d’un exploit, car j’y croyais, mais de quelque chose de bien. La déception est énorme, perceptible dans tout le groupe. J’avais rarement perçu cela auparavant. C’est lourd. Il faudra encore un jour ou deux pour effacer, même partiellement, ce sentiment. Qu’est-ce qu’il nous faut pour gagner un match ? Tous les gens que je croise ce matin (NdlR : dimanche donc) me disent qu’on ne mérite pas ça. La compassion est énorme. Et ça n’arrange pas les choses."