Cravates "sang et or" nouées sans ostentation pour certains, écharpes discrètement mises pour d'autres, les dirigeants tubiziens n'ont pas pu s'empêcher de fondre en larmes au coup de sifflet final. L'émotion était forte, la pression intense. Les yeux rougis, le président Raymond Langendries répétait quasi inlassablement, tout en étreignant ses voisins : "C'est incroyable, c'est incroyable . [...] Je ne peux pas dire que cette montée est inespérée, mais la manière dont elle a été façonnée est exceptionnelle. C'est le fruit du travail de toute une équipe, de dizaines de bénévoles, du club des supporters. Vous avez vu comment ils nous ont soutenus à l'Antwerp ?"

Tubize s'est peut-être trouvé un public, lui qui doit bâtir avant le 15 octobre une tribune de 3 000 places pour répondre aux exigences de la commission des licences et obtenir ainsi des droits télés bien évidemment vitaux pour que le budget, qui doit quasiment être quadruplé, puisse être bouclé. "Tout sera en ordre à ce niveau-là", assure le président du club, qui travaille sur le dossier depuis des mois.

Autre problème épineux, celui de l'entraîneur puisque Philippe Saint-Jean pourrait avoir dirigé sa dernière rencontre à la tête du club hier soir. "Ce n'est ni le lieu ni le moment d'en parler, coupe l'ex-avocat. Pour l'instant, il est toujours chez nous puisqu'il a signé un contrat à durée indéterminée."

Philippe Derwa ne se cache pas pour autant qu'il va avoir fort à faire : "Je suis lucide. Je sais que beaucoup de gens ou de clubs ne croient pas en nous. Mais on n'est jamais aussi fort que quand on est sous-estimé. En début de saison, nous avons perdu cinq titulaires mais nous montons quand même en D1. Que je sache, plusieurs clubs de D1, actuellement, ne savent pas avec quel entraîneur ils vont travailler."

Si Raymond Langendries évoque volontiers un recrutement régional, Philippe Derwa ne cache pas que toutes les possibilités existent : "Il faudra engager trois ou quatre garçons d'expérience. Nous recevons trente candidatures chaque jour, ce ne sont pas les candidats qui manquent. Maintenant, il faudra voir quel est notre niveau d'attractivité. Je ne suis pas inquiet pour le club. Si j'ai bien compris, en cas de descente, le club sera lesté d'un parachute doré. Nous avons un beau challenge à relever. Nous allons montrer que nous sommes capables de nous adapter très vite."