Un 26ème sacre du printemps
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Football

Un 26ème sacre du printemps

PAR ROBERT GARNIED

Publié le - Mis à jour le

ÉCLAIRAGE

CONSULTANT

Aimé Anthuenis poursuit avec aisance un parcours majestueux au sommet de la hiérarchie de notre championnat. Il se retrouve aujourd'hui, après l'importante victoire acquise aux dépens de Brugeois médusés, aux portes d'un exploit retentissant: l'obtention d'un troisième titre consécutif.

Cet homme au sang chaud mais à la maturité tempérée a le grand mérite d'être parvenu à garder la tête froide là où bien d'autres que lui se sont brûlés les ailes.

UNE ASCENSION PROGRAMMÉE

Après avoir mené l'équipe de Genk de main de maître et avoir fait rêver toute une région, il est parvenu à mener campagne au sein même d'une Capitale pas du tout disposée à lui faire le moindre cadeau.

Avant de découvrir les premiers frissons générés par un parcours en Ligue des Champions, il s'exerça à l'Europe avec brio. Ce parcours européen, il le devra à une victoire finale acquise en Coupe de Belgique (4-0) face à Bruges.

Et ce ne sera que par un des futurs finalistes de l'épreuve (Majorque) qu'il sera éliminé.

Champion la saison suivante avec Genk, il quitta une terre féconde pour engendrer de nouveaux exploits là où le doute germait après une saison triste mais sauvée de justesse du naufrage par le tandem Dockx-Vercauteren.

LA FORCE TRANQUILLE

Anthuenis réussit là où peu d'entraîneurs belges sont parvenus à forcer les portes d'un titre.

Le grand Raymond Goethals ne trouva jamais les clefs d'une victoire finale aux commandes du Sporting tandis que René Vandereycken et Georges Leekens n'eurent même pas le temps de s'y exercer. Depuis les années 70, seuls Urbain Braems (en 74) et Paul Van Himst (en 85) y sont parvenus.

Après les Kessler, Ivic, Haan, de Mos et Boskamp, une nouvelle voie s'ouvre donc aujourd'hui pour de bons produits du terroir.

Les moissons positives se multiplient pour les dirigeants mauves également. Le dernier parcours en Ligue des Champions remplira les caisses en voie directe mais également de façon plus indirecte par la valeur montante de nombreux joueurs du noyau.

Le trou financier de 200 millions n'est déjà plus qu'un mauvais souvenir et le merchandising

doit être en constante évolution.

Un autre club parviendra-t-il à suivre cette courbe ascendante ou le gouffre ne risque-t-il pas de s'avérer infranchissable pour les plus proches poursuivants?

DE CRASSON À KOLLER

Le Sporting n'a rien lâché cette saison. Depuis le mois d'août, l'équipe a répondu lors de tous les instants cruciaux. Pourquoi échouerait-elle demain?

Lors du dernier été et face à Porto, en tour préliminaire, Jan Koller attendit la 37e

minute de jeu pour propulser son équipe vers de nouveaux exploits.

Quelques mois plus tard mais cependant beaucoup plus pressé que son équipier tchèque, Bertrand Crasson mit un terme définitif aux ambitions du PSV et cela, dès la 9e minute d'un match décisif à Eindhoven.

Face à Bruges, Crasson réveilla une nouvelle fois son impatience pour mettre fin, de façon magistrale et sans doute définitive, à toute ambition brugeoise.

Les joueurs de Trond Sollied ne sont même pas parvenus à déposer une seule fois le ballon dans les filets mauves cette saison (victoire du Sporting 2-0 en décembre et 0-1 samedi).À l'inverse de Bruges, l'équipe anderlechtoise dispose dans chaque compartiment de jeu de joueurs modelés aux rudes combats.

Mais que les De Cock, Simons et autres Englebert ou Vander Heyden ne se crispent pas trop car en football, la culture de la victoire se nourrit avant tout de grande expérience et donc de patience.

Dans ce domaine également, Aimé Anthuenis est arrivé à forcer le respect de tous.

© La Libre Belgique 2001

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