Football Le règlement de l’Union belge est clair : le Sporting devrait être sanctionné par un score de forfait suite à l’arrêt du Clasico par ses supporters.

Des enfants qui quittent le stade en pleurant, des stewards aveuglés par les gaz lacrymogènes, des fumigènes, des pétards et des sièges qui volent. Voilà ce qu’on retiendra de ce Clasico de la honte disputé, vendredi soir, qui marque presque un point de non-retour dans la crise anderlechtoise, la pire de l’histoire du club bruxellois. Retour sur une soirée où le football est passé au second plan.

1 Pourquoi le match a-t-il été arrêté ?

Car Monsieur Lambrechts a parfaitement respecté les trois phases de la procédure. A la 6e minute, après l’ouverture du score d’Halilovic… finalement annulée par le VAR, le bloc anderlechtois, furieux, a jeté des fumigènes, des pétards et des sièges sur le terrain.

La phase 1 a été enclenchée et un appel au micro a été effectué par le speaker de Sclessin, demandant aux supporters de se calmer. Mais les agissements du kop mauve n’ont pas cessé et ont même redoublé d’intensité après l’ouverture du score de Marin, sur coup franc, à la 22e minute.

La phase 2 a été déclenchée par Monsieur Lambrechts, qui a invité les joueurs à rentrer au vestiaire de manière temporaire comme le règlement le prévoit.

Après un peu moins de dix minutes d’interruption, les joueurs sont revenus sur la pelouse et le VAR s’est à nouveau illustré en accordant un penalty (justifié) de Kara sur Djenepo, provoquant l’exclusion du Sénégalais. Mpoku se chargeait de convertir le penalty. C’en était trop pour les supporters anderlechtois qui récidivaient, en envoyant tout ce qu’ils pouvaient près d’Ochoa, provoquant le déclenchement de la phase 3 et l’arrêt définitif de la rencontre sur le score de 2-0, alors que 25 minutes avaient été jouées.

2 Que risque le sporting d'Anderlecht ?

De perdre la rencontre par forfait, tout simplement. Ce n’est pas encore tout à fait acté puisque l’affaire devra passer devant la Commission des Litiges, sur base des rapports de l’arbitre et du match delegate, qui détailleront les incidents précités. Mais comme Renaud Duchêne, avocat en droit du sport contacté par nos soins, le rappelle : l’article P1917 du réglement fédéral est très clair. Il précise que "lorsque l’arbitre arrête définitivement le match, celui-ci est perdu avec des scores de forfait par le club dont les supporters sont responsables des incidents". Anderlecht risque donc tout simplement de se voir infliger un score de 5-0. Et le club bruxellois risque une amende salée, de minimum 50.000 euros, sur base du règlement de la Pro League.

3 Que risque le Standard ?

Il est probable que le Standard soit également sanctionné d’une amende pour l’utilisation de fumigènes par ses supporters. En début de rencontre, les fumées provoquées par ces derniers ont retardé le coup d’envoi. Et après les buts liégeois, d’autres fumigènes ont craqué en tribune rouche.

4 Quid de la carte rouge de Kara et des buteurs ?

Exclu suite à deux cartons jaunes, dont un reçu après intervention du VAR lors du penalty accordé à Djenepo, Kara devrait bien être suspendu pour la réception de La Gantoise… si on se base sur la jurisprudence Charleroi-Standard (arrêté fin 2016).

Après l’arrêt définitif du choc wallon, les buteurs et les cartons avaient été conservés. Les buts marqués par Razvan Marin et Paul-José Mpoku seront donc également conservés dans les statistiques des deux joueurs. C’est anecdotique, bien évidemment. Mais c’est au moins une preuve qu’on a vu un peu de football, ce vendredi soir.

Avant la honte anderlechtoise.