ANDERLECHT Hugo Boos a-t-il commis une erreur psychologique en rejetant, ce samedi, la candidature de Bertrand Crasson pour une place dans la sélection anderlechtoise appelée à donner la réplique à Saint-Trond, priant, dans la foulée, le défenseur du Sporting de suivre le match de la tribune? Ce dernier, qui n'a jamais caché son scepticisme concernant les méthodes de travail de son entraîneur, a-t-il, ainsi, payé sa franchise au prix fort? Interdites de publication, les véritables raisons de ce clash entre deux des figures historiques du club bruxellois, toutes générations confondues, ne cachent-elles pas, aussi, l'érosion du pouvoir d'Hugo Broos à l'intérieur même du vestiaire anderlechtois? Cette question, mais, en outre, les deux qui la précèdent, tombe à un moment particulièrement inopportun, tandis, d'une part, que le Sporting ne cesse de gagner (son responsable technique doit bien y être pour quelque chose, non?), alors que, d'autre part, les Bruxellois se passeraient volontiers d'entrer dans une quelconque zone de turbulences à l'heure où leur avenir semble s'annoncer radieux.

On écrira, pourtant, en dépit de ces apparences, que la transition entre cette saison et la suivante ne s'effectuera pas sans heurts, au stade Constant Vanden Stock. Opposé à l'arrivée de Pär Zetterberg, Hugo Broos a, récemment, eu le Suédois au téléphone: il est certain que les deux hommes ne se sont pas parlés pour débattre des écarts de température existant entre le printemps athénien et celui, pourtant étonnamment clément, que connaît Bruxelles pour l'instant! En d'autres termes, ils ont déjà mis diverses choses au point. Louable? Non: prématuré. Et, surtout, significatif. Comme pour Séol, du reste. Celui-ci traîne de plus en plus son mal de vivre, au point qu'il se confirme qu'en dépit de tous les efforts entrepris par Michel Verschueren, le Coréen ne veut toujours pas signer une prolongation de contrat à Anderlecht. Séol, dont la valeur marchande a considérablement diminué depuis son retour de la Coupe du Monde, s'est échauffé, samedi, sans grande conviction pendant une vingtaine de minutes. Puis, il a fait acte de présence sur le terrain, pas davantage, en remplacement de Martin Kolar. Le Coréen est démotivé! Et que dire d'Ivica Mornar? Si le Croate bénéficie toujours d'une cote de popularité impressionnante dans les tribunes, l'arrivée du Suédois Christian Wilhelmsson mais, surtout, le dédain, de plus en plus palpable, dont il est l'objet au stade Constant Vanden Stock plombent un futur qui devrait le conduire à prendre bientôt la direction de l'étranger. Des pistes existent, en Allemagne et en Angleterre. Notamment. On a, jusqu'à présent, bien aimé le sursaut d'un Sporting redevenu lui-même après qu'il eût pris l'eau à Mouscron. On souhaite désormais que celui-ci ne s'opère pas n'importe comment, bref: que la manière et les résultats soient liés, que le fond et la forme aillent de... pair. Sans jeu de mots. Mais en tenant compte de l'esprit du jeu et, surtout, du respect auquel ont légitimement droit ceux qui en sont les dépositaires. Reste à voir si leur nombre s'arrête à dix-huit noms inscrits sur une feuille de match...

© Les Sports 2003