Charleroi revit. Après avoir touché le fond à domicile contre OHL, les Zèbres viennent de réaliser un 6/6. Une victoire en infériorité numérique du côté de la Chaussée du Lisp et un succès de prestige dans le duel du Sporting ont rendu le sourire au Pays Noir.

Du côté Bruxellois, c'est plutôt la soupe à la grimace. L'air wallon ne semble pas réussir aux champions de Belgique qui viennent d'y subir leur deuxième défaite en autant de rencontres. Le bilan toutes compétitions confondues est même inquiétant puisque les Mauves restent sur quatre revers en cinq matchs. La magie Van den Brom ne semble plus opérer au Parc Astrid.

Vargas et Molins dès le coup d'envoi, Kouyaté forfait in extremis

Comme lors du déplacement à OHL, le technicien batave avait opté pour une rotation en lançant dès le coup d'envoi Behrang Safari, Ronald Vargas et Guillermo Molins. Il devait aussi compter sur un imprévu de dernière seconde avec le forfait de Cheikhou Kouyaté qui était remplacé par Marcin Wasilewski. Du côté carolo, Yannick Ferrera optait pour un 4-5-1 avec Rossini seul en pointe. Pas question de la jouer frivole du côté Zèbre.

Le début de match était à l'avantage du Sporting bruxellois qui pouvait compter sur un flanc droit au four et au Molins. Il délivrait de bons centres et phases arrêtées qui mettaient en difficulté l'arrière garde locale. Dès la deuxième minute, la déviation du Suédois lançait Vargas seul devant Mandanda, mais le Vénézuélien catapultait au-dessus. Au quart d'heure, c'était à nouveau de Molins que partait la deuxième belle possibilité anderlechtoise. Son coup de coin trouvait la tête de Kanu libre de tout marquage au second poteau, mais le Brésilien ne cadrait pas. Les 25 premières minutes étaient largement à l'avantage des Mauves, mais le but de Guiseppe Rossini à la 28e allait complètement changer la physionomie du match.

Rossini sème le doute dans la maison Mauve

Sur cette phase, la défense bruxelloise était loin d'être exempte de tout reproche. Gillet était trop facilement mis dans le vent sur une combinaison entre N'Ganga et Milicevic, ce dernier centrait en direction du second poteau où Nuytinck oubliait Rossini qui ne se faisait pas prier pour propulser sa tête au fond des filets de Proto. Les carolos prenaient l'avance contre le cours du jeu, mais n'en avaient cure.

On attendait alors une réaction des hommes de John Van den Brom, surtout que Charleroi n'est jamais aussi fragile que dans les minutes qui suivent un de ses buts. Mais à l'exception d'un tir de Molins contré par Dzinic, les Mauves n'inquiétaient pas une défense Zébrée remarquable de solidarité derrière. La pause était atteinte sur ce score de 1-0 en faveur des locaux.

La "flingue" de Proto coûte cher On peut reprocher certains choix à Van den Brom, mais celui-ci peut aussi rapidement les remettre en question. A la reprise, exit Praet et Kanu qui cédaient leur place à Jovanovic et Iakovenko, le but étant que le Serbe vienne épauler Tom De Sutter, bien à la peine durant les 45 premières minutes. Mais ce que l'entraineur néerlandais n'avait pas prévu, c'était que les carolos marqueraient trois minutes après la reprise. Milicevic donnait un coup-franc que Proto repoussait des poings sur Wasyl, auteur d'un own goal bien malheureux. La responsabilité du dernier rempart bruxellois était clairement engagée sur cette phase.

Ce coup du sort allait-il sonner la révolte tant attendue par les supporters anderlechtois ? On pouvait le croire lorsque les Mauves se procuraient deux belles possibilités dans les minutes qui suivaient. Malheureusement pour De Sutter et Iakovenko, Mandanda veillait au grain et s'interposait tant sur la tête du premier que sur la frappe tendue du second. C'était sans doute le dernier tournant du match car après ces deux faits d'armes, Anderlecht ne se créera plus beaucoup d'occasions malgré la montée au jeu de Massimo Bruno à la place d'un Tom De Sutter, encore à côté de ses pompes lorsqu'il n'avait plus qu'à propulser au fond des filets un centre de Gillet bien lancé par une jolie talonnade de Biglia.

La solidarité sans faille de Charleroi

Charleroi continuait à tenir bon derrière, surtout sur les phases arrêtées défensives alors qu'ils avaient souvent été à la peine dans ce secteur du jeu les semaines précédentes. Les Zèbres restaient aussi menaçants sur les contres où Kaya était tout près de lancer Badibanga pour le troisième, mais Proto parvenait à détourner le cuir.

Le public pouvait commencer à entonner les chants de victoire, même si un tir sur le poteau de Iakovenko, servi par une passe sautée de Jova, donnait une dernière frayeur aux supporters locaux.

Quatre défaites en cinq matchs pour Anderlecht, deux victoires consécutives pour Charleroi

La crise couve-t-elle du côté du Parc Astrid ? On peut en tout cas se poser la question, car plus que l'absence de résultats, c'est le niveau de jeu des Mauves qui inquiète. Avant le match contre Malaga, tout le monde louait le vent de fraicheur apporté par John Van den Brom. Les résultats des premiers gros matchs à enjeu de la saison commencent à effriter son crédit, du moins du côté de certains supporters.

A Charleroi, on retrouve le sourire après ce 6/6. Si le mot d'ordre sera de ne pas s'enflammer dans les prochaines semaines, on peut se demander si comme l'a souligné Guiseppe Rossini à l'interview, la 13e place actuelle des Zèbres reflète bien leur vraie valeur.