BARCELONE Ils étaient 97.905 samedi soir au Camp Nou pour assister au match de l'année en Liga, entre Barcelone et le Real. Les socios du Barça, qui huèrent le traître Luis Figo à chacune de ses touches de balle, eurent le plaisir de voir leur équipe balayer le grand rival madrilène. Le Clasico prit l'accent catalan peu avant la demi-heure. Samuel Eto'o fit parler sa vivacité et son opportunisme et profitait d'une mésentente entre Roberto Carlos et Casillas pour ouvrir la marque. Les Blaugrana doublaient la mise avant la pause, sur une combinaison limpide Ronaldinho-Deco-Van Bronckhorst. La dernière banderille fut plantée par Ronaldinho: le Brésilien, génial samedi, transformait un penalty suite à une faute sur Eto'o. La correction infligée aux Galactiques sonnait comme une formidable revanche pour le Camerounais. Formé au Real, il n'y reçu jamais sa chance. Depuis son arrivée à Barcelone, il a pris une dimension supplémentaire.

Jouissant désormais de sept points d'avance sur son dauphin madrilène, Barcelone a déjà fait un fameux pas vers le titre. Même si Frank Rijkaard s'en défend: «Nous ne devons pas nous endormir sur ce succès. Il reste de nombreuses journées et un excès de confiance pourrait nous coûter notre première place», avertissait l'entraîneur néerlandais, qui sera privé de Larsson pour six semaines, le Suédois s'étant blessé au genou lors du Clasico.

Au-delà des conséquences sur le classement de Liga, la victoire catalane pourrait marquer la fin d'une époque. Le Real Madrid, dominateur ces quatre dernières saisons, ne semble aujourd'hui pas être en mesure de rivaliser avec ce Barça-là. L'âge des stars galactiques ne joue pas en leur faveur: Zidane (32 ans), Figo (32), Beckham (29) et Ronaldo (28) ne sont pas un aussi grand gage d'avenir que les Ronaldinho (24 ans), Eto'o (24) et Xavi (25).

L'hégémonie du Real appartient-elle au passé? Cette idée a fait la Une des quotidiens espagnols mais elle n'est pas partagée pas David Beckham: «Ce n'est absolument pas la fin d'un cycle. On dit toujours des choses comme ça quand un grand club perd un match important. Moi, je n'ai pas vu tant de différence entre les deux équipes!»

Les Madrilènes étaient sortis de la crise, les voilà replongés en plein doute. Mardi, ils joueront contre Leverkusen leur survie en Ligue des Champions. Défaite interdite...

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