Le match aller mis à part, le Standard a toujours connu des difficultés pour s’imposer au Tondreau. Du côté de l’avenue du Tir, où on a déjà vu près de neuf mille billets trouver acquéreurs, on espère que l’histoire repassera les plats.

A commencer par Fadel Brahami, malheureux ces derniers temps. Le médian algérien suscite les paradoxes. Lorsqu’il joue, il ne fait pas toujours l’unanimité. Et lorsqu’il ne joue pas, tout le monde le réclame. Ce fut notamment le cas à Charleroi où son entrée au jeu, bien qu’inutile, ne passa pas inaperçue. "J’ai traversé une période de méforme, reconnaît-il. Je n’ai pas été bon à Genk, ni lors de mes dernières montées au jeu. Je manquais de jus, peut-être en raison d’un mental qui ne suivait plus en raison des résultats. Lorsque la tête ne va pas, cela se répercute dans les jambes."

S’il s’est entraîné comme il a joué samedi passé, l’ex-Louviérois s’impose au sein de la formation de Christophe Dessy. Reste à lui trouver le juste rôle

"Ma place de prédilection se situait dans l’axe, derrière les attaquants. Malheureusement, je n’ai guère brillé lorsque j’ai été aligné aux côtés d’Hocine Ragued, à Genk. Ce fut frustrant car j’avais une grande envie de bien faire. Trop grande, peut-être Espérons que cela se passe mieux si d’aventure j’étais appelé à affronter le Standard. Avec le coach, on a analysé ses failles."

Nicaise sur le banc

Ce soir , l’une d’elle sera la pression sur ses épaules. Fadel, lui, sent la pression présidentielle, Dominique Leone lui ayant rappelé une promesse faite il y a quelques semaines.

"J’avais dit au président Leone qu’on se maintiendrait. Pas pour lui faire plaisir mais parce que j’y crois vraiment. C’est un message que j’essaie de faire passer dans le vestiaire."

Benjamin Nicaise retrouvera le Tondreau, ce soir, en tant que réserviste. S’il était resté à Mons, il aurait été titulaire. "J’ai fait le choix de jouer le plus haut possible. Avec les risques que cela comporte, réagit le médian de 28 ans. J’ai vécu cette situation peu évidente par le passé, avec une autre gestion. Te tenir à l’écart du groupe, t’éparpiller dans la presse est le moyen le plus court pour arriver à l’échec. Je pourrais descendre d’un niveau et être titulaire, mais je suis un compétiteur."

A Mons, Benjamin Nicaise jouerait le maintien au lieu du titre. "Je n’aurais pas vécu les sensations que je vis ici. Jouer la tête te rend plus serein. Quand tu risques de basculer en D2, tu ne sais pas de quoi ton avenir sera fait. Si tu descends et que tu n’as pas joué une bonne saison, tu peux rapidement disparaître de la circulation "

La pomme pourrie de Mons

Il a déjà fait dix-sept apparitions en championnat (vingt-sept au total). Mais il a plus souvent été lancé en cours de partie (dix fois) qu’au coup d’envoi (sept fois). "Peu de gens savent combien c’est difficile de répondre présent quand tu manques de rythme. J’ai fait ce que je pouvais, mais les choses n’ont pas avancé. La seule fois où j’ai enchaîné quatre titularisations, j’ai marqué lors du dernier match (défaite 1-2 contre Charleroi). Mais je suis sorti de l’équipe. Je n’ai pas un crédit illimité. Mais mon attitude va finir par payer."

Le médian devra se contenter du banc face à son ancien club. "Ce déplacement, c’est juste un match dans la course au titre. Mais il y aura un peu d’émotion. Je vais revoir des gens, sur et en dehors du terrain, avec qui j’ai aimé travailler. Comme André Descamps (le délégué) et sa famille qui ont toujours été là pour nous aider."

Le Français a souvent été pointé comme une "pomme pourrie" du vestiaire montois. Mais son départ n’a rien arrangé à l’ambiance qui règne à Mons "Cette étiquette me colle à la peau depuis la France. On est content d’avoir des joueurs de caractère quand il faut sauver le club mais quand cela va mieux, ils dérangent J’ai toujours été un leader. Malgré ma situation au Standard, je mets encore le poing sur la table dans le vestiaire quand il le faut. Je n’ai rien à me reprocher par rapport à Mons. J’ai rempli mon contrat."

K.C. et D.D.M.