L’Excelsior Mouscron est désormais promis à une mort certaine. Des années durant, le club hennuyer avait pourtant attiré autour de lui un immense capital sympathie. Son arrivée parmi l’élite apporta au football belge une bouffée de fraîcheur unanimement appréciée. A Mouscron, on ne se poussait pas du col mais l’allant et la fantaisie maison donnaient des résultats. C’est ainsi que les Hurlus domptèrent nombre de ténors de la compétition belge et connurent les joies des coupes européennes.

Ce fut le début de leurs errements. Leurs dirigeants successifs se mirent à avoir les yeux plus gros que le ventre et à prendre des libertés avec l’orthodoxie d’une saine gestion comptable. La suite ne fut qu’un long chapelet de montages financiers douteux et d’appels à des investisseurs aussi exotiques que peu fiables. Pour en arriver à une chute douloureuse mais inéluctable.

Le gâchis est terrible. Car la disparition de Mouscron entraînera des drames humains, comme à chaque faillite; elle faussera le déroulement du championnat de D1 déjà compliqué par l’introduction des play-offs; elle déstabilisera un peu plus un foot belge déjà bien malade.

Dans certains pays, on laisse les clubs vivre au-dessus de leurs moyens de façon éhontée, ce qui fausse la concurrence et constitue un défi à la morale sportive. En Belgique, ce n’est pas le cas. Mais on aurait pu faire l’économie de la crise d’aujourd’hui en mettant fin plus tôt à une aventure dont tout le monde savait depuis des mois qu’elle allait se terminer très mal.