Les Brugeois se sont présentés en ordre dispersé au décrassage programmé en début d'après-midi. Quelques-uns ignoraient encore dans quel groupe le Club avait été versé mais tous énonçaient le même souhait: surtout pas Barcelone, plutôt pas Valence, Bordeaux de préférence ou à la rigueur Majorque. Ce sera Bordeaux! «C'est idéal, exulta Timmy Smolders: on a une chance sérieuse de rester dans la course.»

Dany Verlinden confirmait l'opinion de son équipier: «Bordeaux, c'est moins prestigieux que Barcelone mais c'est un adversaire plus abordable pour nous. N'allez pas en déduire que nous sommes favoris. En revanche, débuter en déplacement me ravit. Je ne connais guère l'équipe girondine. Je sais seulement que son gardien s'appelle Ulrich Rame. J'ignorais même que son entraîneur avait changé en cours de saison.»

Olivier De Cock rappelait: «Bordeaux, nous l'avons affronté au mois d'août, dans la phase de préparation. C'était en Gironde. Nous nous étions imposés par un but à deux mais l'entraîneur français avait présenté une équipe mixte. Ne tirons donc aucun enseignement de cette confrontation.»

Timmy Simons affirmait, dans le même sens: «Entre nous, on avait espéré un grand d'Europe. Mais Bordeaux, c'est très bien aussi. J'ai l'impression que le football français nous convient mieux que le football espagnol.»

Brève escale obligée dans une croisière européenne qu'il entend prolonger jusqu'au printemps au moins, Debrecen n'a donc pas marqué, pour un Club Bruges superbement rasséréné par ses six victoires de rang en championnat, le brutal coup d'arrêt... qu'il n'appréhendait pas vraiment.

Engagé sur les trois fronts

Les supporters qui avaient effectué le déplacement en Hongrie baignent dans la même douce félicité: ils ont réservé une ovation personnalisée à chacun des joueurs qui apparaissaient dans la carlingue de l'avion du retour. Ils ont englobé le staff technique dans le même éloge.

Sur le site officiel du Club, la tendance, bien morose à la fin de l'année civile dernière, s'est sensiblement inversée: les supporters qui se sont exprimés louent la gestion de la nouvelle équipe dirigeante, de plus en plus articulée autour de deux pôles: Michel D'Hooghe et Marc Degryse. La flamme des joueurs s'est avivée elle aussi: «Ce qui est exaltant, c'est que nous... n'achèverons pas la saison en roue libre, se réjouit Philippe Clement. Nous restons engagés sur les trois fronts. C'est un fameux stimulant car la qualité de notre groupe, encore étoffée par l'arrivée de trois nouveaux éléments, nous autorise à afficher de réelles ambitions dans les trois épreuves qui nous accueillent. Quoi qu'il arrive, nous ne pourrons évoquer la fatigue ou la surdose pour excuser un éventuel effondrement.»

Gert Verheyen partageait l'analyse: «Personnellement, je préfère enchaîner les matches importants à une fréquence accélérée plutôt qu'être soumis à des entraînements sévères dans une semaine de relâche...»

Il était temps, déjà, de songer à Anderlecht. «On ne doit pas battre le Sporting, analysait Dany Verlinden. Mais on peut le faire. Si nous muselons Dindane, nous aurons sûrement franchi un premier pas dans cette voie...»

© Les Sports 2004