Plus encore que les deux buts - mélange de vitesse, d’explosivité, de talent et de lucidité -, on retiendra d’Emile Mpenza son but manqué et sa manière de célébrer ses deux réalisations. Pourquoi ? Parce que le ballon qu’il arrache pour se présenter seul devant Volkan et la joie enragée qu’il a manifestée à 1-0 et 2-0 symbolisent à merveille l’esprit retrouvé des Diables, cette volonté qui permet de soulever des montagnes.

Pour le cadet des Mpenza, la revanche est belle. "Monsieur Advocaat vient me voir en Suisse et sait ce dont je suis capable. Il a compris que mes sept buts étaient le fruit de mon travail et de la confiance retrouvée, assène-t-il. Mes censeurs ne prennent pas la peine d’assister à mes matches et d’y analyser mes performances. Notre sélectionneur est un grand coach. Il a parlé, il a affirmé avec conviction qu’il ferait jouer Emile. Je n’avais plus qu’à démontrer que son choix était le bon."

On ne peut que répéter ce que nous avons écrit cette semaine. Il est le 3e meilleur buteur d’un championnat où les clubs, en Europa League comme en Ligue des Champions, réalisent de meilleurs résultats que les clubs belges. "Je n’ai pas perdu ma vitesse. Le 2 e but, en fin de match et après une course de quarante mètres, en atteste suffisamment. C’est le résultat du travail réalisé par Sion avec Didier Tholot, mon coach. Je peux le remercier, comme le club."

S’il parle de "délivrance" tout en répétant qu’il "savait être capable de telles performances" et qu’il avait "peut-être reçu cette chance trop tard" (NdlR : lisez qu’il aurait pu jouer en Espagne ou en Arménie), Emile confie encore : "Ces deux buts sont pour ma mère. Je sais qu’elle veille encore sur moi depuis son décès."

Il conclut sur le collectif : "En termes de concentration, c’était le jour et la nuit. J’ai apprécié que, si la Turquie maîtrisait la possession de balle, nous nous soyons montrés plus dangereux dans les seize mètres, la zone de vérité."