Il n’avait pas fort envie de poser pour la photo, Rubinelson Dos Santos da Rocha, mieux connu sous le nom de Kanu. Jusqu’au moment où nous lui avons lancé un drapeau brésilien et où il a pu embrasser Louiza, son accompagnatrice qui est devenue sa 2e maman. La révélation de ces dernières semaines est le moins connu des Sportingmen. Voici son portrait. "Je viens de Salvador de Bahia, au Nord", sourit Kanu. "C’est une région pauvre mais bien plus belle que Copacabana à Rio ou São Paulo. J’ai vécu dans la pauvreté jusqu’à treize ans. Puis, j’ai pris le bus vers São Paulo. Seul. Avec mon sac de foot. A la recherche d’un club où je pouvais passer un test. Après trois jours de route, j’ai appris que mon test était annulé. Heureusement, Clube Atletico Juventus m’a offert une chance."

Cette nuit-là, il a dormi sous un pont. "Il ne fait pas froid, il ne me fallait donc pas de couvertures. J’ai reposé ma tête sur mon sac. J’ai dormi jusqu’à 6 h du matin. J’ai réussi mon test et ma carrière était lancée. J’ai joué dans plusieurs clubs de D1. C’est le coach de Palmeiras, en jeunes, qui m’a donné le surnom de Kanu, comme Nwanko, le Nigérian. Je suis grand et je cours comme lui."

En 2008, Barueri le transfère à Anderlecht, où il est là pour dépanner Nicolas Frutos. "Pourtant, j’avais toujours évolué au milieu du terrain au Brésil. Puisque je marquais souvent, on m’a considéré comme un attaquant. Ici, il m’a fallu attendre jusqu’à vendredi passé pour inscrire mon premier but officiel. Mais je n’ai pas désespéré. Cela reste un rêve d’enfants d’être sélectionné en équipe nationale du Brésil."

Or Kanu reste réaliste. "A São Paulo, il y a déjà vingt à trente clubs. Cela signifie combien de joueurs ? Il y en a des centaines, au Brésil. C’est pratiquement impossible d’être repris en équipe nationale."

Les Diables Rouges, eux, pourraient utiliser le Kanu qui a brillé au Germinal Beerschot. "Comme De Camargo ou Luis Oliveira ? Je n’y avais pas encore pensé. Mais si le coach de la Belgique me le demande, je dis oui. Une naturalisation ne doit pas être trop compliquée. Irlanda, ma copine brésilienne, a déjà la nationalité belge. Si je me marie avec elle, je serai également belge."