Que penser de ce match nul, obtenu hier face au Japon? Dans le camp belge, le sentiment est très mitigé, naviguant entre la déception et le soulagement, et s'employant, en public, à insister surtout sur la deuxième option. Certes, jouer l'équipe co-organisatrice lors de sa première rencontre n'est pas une sinécure. Certes, à 2-2, l'arbitre costaricain - par ailleurs excellent malgré son manque de références - annule un but à Inamoto pour une faute très légère sur Van der Heyden. Certes, De Boeck et Van Kerckhoven, des certitudes en défense, manquaient à l'appel et leurs remplaçants ont été plus en évidence pour leur apport... offensif que pour protéger De Vlieger. Les circonstances existent, nombreuses, pour expliquer ce résultat que les deux coaches estiment, non sans raison, logique. Mais si on doit choisir entre la bouteille à demi-vide ou à demi-pleine et faire pencher la balance d'un côté, on aura tendance à vivre avec quelques regrets. En effet, pendant une heure, le Japon a déçu et la Belgique a contrôlé un match de facture moyenne. Une fois le but d'ouverture inscrit - et quel but! - on pensait vraiment que le plus dur était fait et qu'un groupe expérimenté et rompu aux joutes internationales allait gérer son avance en douceur. Las, c'est au moment où on s'y attendait le moins que le groupe, justement, le point fort de notre équipe, a flanché et a laissé voir des lacunes qu'il avait bien cachées depuis l'Euro 2000. Evidemment, on ne peut que se réjouir qu'il ait redressé la barre en fin de match, mais ce fut plus avec le coeur et les tripes que grâce à la tête. Ceci dit, et quel que soit le résultat de Russie-Tunisie, aujourd'hui, la donne ne change pas beaucoup. Une équipe qui veut arriver en huitième de finale de la Coupe du monde doit pouvoir écarter la Tunisie de son chemin. Comme toujours, le deuxième match du groupe sera déterminant.

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