Un manque à gagner de 100 millions
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Un manque à gagner de 100 millions

Michel Dubois

Publié le - Mis à jour le

«Le Club vit encore! Je peux bien l'avouer: j'ai passé quelques nuits blanches, ces dernières semaines!»

Antoine Vanhove a retrouvé le sourire et la foi en l'avenir. Pas seulement parce que, mardi soir, il a remporté le concours interne de pronostics. Ni même parce qu'il se plaît à vanter la communion qui, tout au long d'un vibrant plaidoyer, tel qu'on l'apprécie à Bruges, a soudé les tribunes du Jan Breydelstadion aux joueurs de leur équipe. Mais parce que le directeur du Club Bruges, responsable de la Commission sportive, s'est fait une raison du glissement de son club en Coupe de l'UEFA: «Si Milan avait joué le jeu, nous aurions poursuivi notre route en Ligue des Champions!», glisse-t-il tout de même, comme s'il ne parvenait pas à évacuer un regret lancinant.

Un nouvel attaquant?

Le manque à gagner du Club se chiffre à cent millions d'euros. «Et l'absence de club allemand en Coupe de l'UEFA restreint encore sensiblement nos espérances de rentrées financières au début de l'année prochaine.»

Le directeur du Club continue toutefois d'entretenir un rêve: «Avant de... quitter la scène, j'aimerais vivre de nouveau une finale de Coupe européenne. Je le répète: pourquoi ne pourrions-nous pas réussir ce que Feyenoord, qui provenait également de la Ligue des Champions, a réalisé en 2002? Je me plais à penser qu'une formation qui, dans la même saison, a éliminé Dortmund, est allée battre le «vrai» Milan AC à San Siro puis a dompté Ajax peut espérer atteindre la phase ultime de la Coupe de l'UEFA!»

Deux jours avant cet affrontement, décisif, avec le club de Wesley Sonck, Antoine Vanhove avait cinglé trois de ses quatre attaquants: «Verheyen excepté voire Mendoza dans une mesure moindre, le rendement de nos attaquants de pointe se révèle notoirement insuffisant. Martens ne retrouve décidément pas sa forme de la saison dernière qui lui permettait de marquer à tout moment les yeux fermés. Lange est trop versatile. Trop fragile aussi sur le plan physique. Quant à Saeternes... nous attendions vraiment beaucoup plus de lui. Je dirai même plus: si nos attaquants avaient affiché le rendement escompté, nous compterions huit à dix points de plus en championnat!»

La direction du Club de Bruges impute-t-elle en majeure partie le retard accusé par les champions en titre dans la compétition nationale à l'inefficacité chronique de la ligne d'attaque?

On serait tenté de le croire. Sinon, pourquoi le président Michel D'Hooghe aurait-il dépêché en Roumanie René Verheyen et l'ex goleador local Raoul Lambert, orfèvre en la matière, pour visionner en priorité l'attaquant du Dinamo Bucarest Daniel Gheorghe Nicolae?

«Initialement, nous ne devions pas recruter pendant le mercato d'hiver, révèle Antoine Vanhove. Notre budget ne nous le permettait pas. Mais parfois nécessité doit faire loi. Quand c'est le cas, des budgets se débloquent toujours. Nous l'avons déjà prouvé»

Bruges pourrait donc recruter. «Ni un médian ni un défenseur: nous sommes bien armés dans ces deux secteurs.» Ce n'est pas le cas en attaque...

© Les Sports 2003

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