Envoyé spécial à Athènes

Bien que finalement sorti de la Ligue des Champions par l’Olympiakos, 2e de la poule, le Standard se montra meilleur que le club grec dans une confrontation en aller-retour. Battu 2-1 en Grèce, il l’avait emporté 2-0 à Sclessin. Quelle est la valeur du Panathinaikos par rapport à cette autre opposition grecque? Pratiquement équivalente à en croire les différents avis récoltés.

"Sportivement, pour une équipe comme le Standard, ça me semble parfaitement jouable", tranche Albert Cartier qui, avec Panthrakikos, a défié le "Pana". "Il y a de la qualité chez le leader du championnat grec mais aussi quelques lacunes défensives à exploiter. L’axe de la défense se débrouille sans être d’un tout gros niveau mais les latéraux peuvent être plus que déstabilisés."

Si l’Olympiakos domine le football grec depuis 1997 (avec douze titres en treize saisons), le Panathinaikos se montre un ton au-dessus au cours de ce championnat où il compte cinq points d’avance sur son "ennemi éternel", 3e du classement. "Je ne partage pas l’avis de M. Cartier. Avec tout le respect que j’ai pour les Rouches , je ne leur donne pratiquement aucune chance de passer cet écueil. Cette saison, avec l’Olympiakos, c’est le jour et la nuit. Le "Pana" est beaucoup plus fort. Je vais même aller plus loin, je crois qu’ils peuvent décrocher cette Europa League", juge Fotis Moucas.

Ce manager international grec, restaurateur à Bruxelles, avait notamment amené Yannis Anastasiou à Anderlecht et Nikos Machlas à Vitesse Arnhem puis à l’Ajax. Il est aussi un proche du président du Panathinaikos, un club pour lequel il affiche certaines affinités même s’il est un fervent du Panionios, un autre club d’Athènes. "Le "Pana" a mis le paquet cet été et puisé dans les caisses pour vivre une grande saison. Dépenser huit millions pour un joueur (NdlR: Djibril Cissé), c’est un signe criant par rapport à la volonté de retrouver son lustre", ajoute-t-il.

Un match n’est évidemment pas l’autre mais, en signe d’avertissement supplémentaire, on peut rappeler que le Panathinakos est le seul club à avoir battu l’AS Rome (et à deux reprises), 3e de la Série A, depuis le 28 octobre. Cette même AS Rome qui a flanqué un 10-2 à La Gantoise en 180 minutes lors des tours préliminaires de l’Europa League.

"Intrinsèquement, le "Pana" et l’Olympiakos se valent avec peut-être un potentiel offensif plus affirmé chez le premier, enchérit un journaliste grec. "La différence se situe surtout dans l’envie, la volonté de reconquérir des trophées. Sevré de titres, le Panathinaikos est un peu cette saison dans le même état d’esprit qu’Anderlecht chez vous. Et l’ambition du club sera de faire une solide différence dès le match aller. Au moins deux buts d’écart sans encaisser ou trois en encaissant. Non pas que les joueurs craignent le déplacement en Belgique mais une large différence leur permettrait de gérer le retour qui se déroule trois jours avant le match le plus important de la saison: la réception de l’Olympiakos. Un succès dans ce derby et le titre commencera vraiment à se préciser."

Et d’ajouter que des joueurs pourraient être laissés au repos.