Entretien

Hugo Broos peut, cette saison, agrémenter son riche palmarès d'un nouveau fleuron : il peut devenir le seul entraîneur belge à avoir été sacré avec trois clubs différents. Il peut mener Genk à la victoire après y avoir conduit le Club Bruges et le Sporting Anderlecht. Il évoque son bonheur actuel d'être devenu limbourgeois... tout en multipliant les références au club bruxellois.

Hugo Broos, on évoque aujourd'hui davantage les prouesses de vos joueurs que votre action à leur tête : comment vous en accommodez-vous ?

Très bien. Cela ne me pose aucun problème d'ego dans la mesure où l'équipe joue bien et engrange les bons résultats. Je me rebifferais peut-être si les médias ne s'intéressaient à moi que si cela allait mal, comme ce fut le cas quand j'entraînais Anderlecht.

Vous épanouissez-vous au Racing Genk ?

Absolument. J'y ai eu un problème la saison dernière. Non avec le club mais avec le groupe. J'ai très vite senti qu'il n'était pas sain. Il l'est devenu aujourd'hui. Une excellente mentalité l'imprègne. Ma manière de travailler est différente de ce qu'elle était naguère mais elle m'agrée. Le Racing, par exemple, se préoccupe beaucoup de l'aspect social, plus négligé ailleurs.

Si tout va si bien, pourquoi n'avez-vous prolongé que pour un an ?

Ce n'est pas exact. Quand je suis arrivé au Racing, à l'aube de la saison dernière, j'ai signé un contrat de deux ans avec option pour une troisième saison. Au terme d'un bref entretien avec le président et Willy Reynders, le club a exprimé le souhait de continuer avec moi. Il a donc levé l'option. C'est, aujourd'hui, le seul fait acquis : le club veut poursuivre l'aventure avec moi et vice versa. Pour combien de temps ? La direction me reverra la semaine prochaine pour me communiquer son verdict. Si elle s'en tient à l'option, je serai un peu déçu. Je lui demanderai la raison de sa réticence. Mais mon désappointement n'affectera pas ma motivation.

Aimeriez-vous vous retrouver dans la peau de Franky Vercauteren aujourd'hui ?

Oh non ! Depuis que j'ai quitté le Sporting, pas un jour je n'ai envié mon successeur. A Anderlecht, pendant deux ans et demi, je n'ai jamais été tranquille, même quand tout allait bien. Entraîner Genk est bien plus facile : on n'y est pas soumis à la même pression quotidienne. Même la saison dernière, j'étais moins asticoté. A Bruges également, c'était différent d'Anderlecht. Je suis très content de ne pas être entraîneur du Sporting pour l'instant. La pression doit y être... intense.

Rêvez-vous d'un doublé ?

Non : une telle réussite s'apparenterait à un miracle ! A l'inverse d'Anderlecht, nous ne sommes astreints à aucune obligation formelle de résultats. Même si on termine deuxième et qu'on ne remporte pas la Coupe, les conséquences ne se révéleraient pas aussi fâcheuses qu'elles le seraient à Anderlecht.

Garderez-vous vos vedettes ?

Le club a été très clair. Il va agir comme il l'a fait avec Daerden. Chaque joueur aura un prix. Toutes les parties concernées en seront avisées. Il n'y aura ni marchandage ni braderie.